samedi 9 janvier 2010

FISH TANK



Sortie en DVD le 3 février



Bon, je vais un peu anticiper sur les critiques du mois prochain, puisque février devrait être quasi-exclusivement consacré au Festival de Gérardmer. Avec 5 jours d'hémoglobine et de bon air frais, il devrait y avoir embouteillage de billets!



Pour son 2ème film après le remarqué Red Road, Andrea Arnold s’essaie à la chronique adolescente avec aisance et subtilité. En suivant le parcours de Mia (l’impressionnante Katie Jarvis dans son premier rôle), jeune fille rebelle de 15 ans passionnée par la danse hip-hop, la réalisatrice nous plonge dans le réalisme social des quartiers défavorisés sans pour autant nous asséner les leçons classiques du cinéma anglais. Ici le point de vue est direct et ne se laisse pas influencer par un certain jugement, permettant à cette œuvre de réussir là où d’autres sont plombées par leur didactisme.

C’est l’histoire d’une jeune fille qui ne sait pas trop où elle en est, c’est l’histoire de l’éveil à la sexualité, et c’est l’histoire de l’apprentissage des réalités concrètes de l’existence. A travers ces quelques jours dans la vie de Mia, Andrea Arnold brosse un portrait dur et réaliste d’une certaine classe sociale, soulignant les espoirs et les difficultés d’adaptation. La jeune Katie Jarvis est vraiment excellente, elle qui est dans la quasi-totalité des scènes de ce film, et elle tient son rôle avec un mélange de rudesse et de beauté maladroite qui lui permet de largement tenir le film sur ses épaules. Le mélange subtil entre les rêves auxquels elle s’accroche et le quotidien plus terne dans lequel elle évolue permet au film de garder une certaine cohérence, tant dans son récit que dans sa mise en scène.

Andrea Arnold parvient en effet à capter une atmosphère simple et délicate, dans laquelle la grisaille de la réalité se tempère par instants, au détour d’un échange ou d’une danse. La scène de son entraînement dans l’appart désert à la tombée de la nuit, sans que l’on entende la musique qui passe dans ses écouteurs, est la parfaite expression d’une poésie réaliste.

Le récit ose poser des questions très intimes concernant l’éveil des sens, puisque Mia doit faire face à ses propres sentiments envers le nouveau copain de sa mère. Là encore, Andrea Arnold nous montre une ado qui ne maîtrise pas ce qu’elle ressent, et qui essaie de s’en accommoder. Cette frontière ambigüe est le centre du film, et le personnage joué par Michael Fassbender, qui ne semble pas insensible à ses charmes, met lui aussi en avant des questionnements très délicats.

Fish Tank n’est pas du tout un film glauque, et son réalisme parfois âpre se teinte d’une certaine poésie désabusée. Une petite réussite qui doit beaucoup à son interprète principale, et qui permet de montrer que le cinéma social n’est pas toujours ennuyeux.

4 commentaires:

  1. oui mais... elle est du côté des gentils na'vi ou des méchants corporates humains? c'est ça là question importante!

    récemment j'ai revue the secret life of words, avec mister Tim, c'est lent, c'est bizarre, mais qu'est-ce que c'est bon... et puis Tim Robbins est forcément du côté des na'vi!

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  2. Je pense qu'à son âge elle est encore indécise, puis faut vouloir se peindre en bleu et se balader dans la forêt à poil par ses températures!
    Tim Robbins est trop rare! J'adore sa prpestation dans Tenacious D ;-)

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  3. Un très très beau film! Et si Katie Jarvis est effectivement étonnante, la jeune demoiselle qui joue sa petite soeur est - à mon sens - tout aussi bluffante. La scène où elle lui dit : "I hate you" est l'une des plus belles antiphrases du cinéma.
    Et Fassbender, que dire de Fassbender...

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  4. C'est vrai que le casting est vraiment bon, mais Katie Jarvis a une présence beaucoup plus importante et son rôle est vraiment difficile. Du coup j'ai davantage été bluffé par elle que par les autres.

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