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lundi 4 janvier 2010

AVATAR




Sorti le 16 décembre



La machine Avatar poursuit sa conquête avec pour l’instant un milliard de dollars de recettes mondiales. Cameron va peut-être réussir à dépasser son propre Titanic… Mais au-delà de ces chiffres hallucinants et du raz-de-marée médiatique, que vaut cet Avatar censé révolutionner le monde du cinéma ?

J’avais un a-priori bien ancré concernant ce film, qui me semblait être une sorte de prolongement de l’univers de Warcraft. Visuellement ou thématiquement, je ne suis pas fan de ce jeu et je craignais que le film se perde dans des circonvolutions un peu trop geek pour moi. Mais si quelques aspects s’y apparentent, la vision de James Cameron est avant tout cinématographique, faisant de cet Avatar un très grand spectacle tant sur le plan technique que sur le plan humain.


Si le récit rappellera sans doute Danse avec les Loups ou Le nouveau Monde, la particularité du film est évidemment de le transposer dans un univers totalement neuf qui devrait vous offrir un dépaysement total. Pandora est un monde riche et coloré que Cameron et son équipe ont dû prendre bien du plaisir à imaginer et à créer, et même les plus réticents aux jeux vidéos seront surpris par la densité de cet univers. La 3D retravaillée par Cameron propose une immersion totale dans ce monde étrange et merveilleux, offrant un spectacle qui va bien plus loin que les classiques effets de projectiles arrivant sur le spectateur. Avec Avatar, Cameron tend vers un cinéma littéralement dense, puisque sa 3D s’applique à jouer avec les arrières-plans et les textures des éléments à l’image. Quand Sully joue avec la terre sous ses pieds, on ressent presque son mouvement. C’est en prenant en compte cette sensibilté que Cameron crée un univers digne d’intérêt pour lequel la technologie n’est pas qu’une froide innovation de plus.

Je vais éviter les spoilers pour les nombreuses personnes qui ne l’ont pas encore vu (et qui se sont probablement fait refouler faute de place !), mais la découverte de ce monde coloré, sensitif et intelligent est un vrai plaisir. Cameron intègre à son univers visuel des points de vue philosophiques et écologiques d’une beauté simple, magnifiés par leur réalisme. Les liens puissants entre les Na’avis et leur terre renvoient là encore à Danse avec les Loups ou Le nouveau Monde, mais Cameron y rajoute une féérie qu’il assume avec énormément de talent. Sous ses atours de jeu vidéo, Avatar est un hymne à la nature sincère.

Et quel plaisir de revoir Ripley ! Sigourney Weaver est toujours excellente, dans un rôle nettement plus pacifique mais toujours aussi grande gueule ! Et son avatar est tellement fidèle, c’est véritablement impressionnant ! Les références à Aliens sont multiples, la plus évidente étant les robots pilotés sembables à celui de Ripley à la fin du film. Là encore, le réalisme des combats et la fluidité des mouvements est parfaite. Cameron a créé tout un arsenal militaire puissant et très réaliste, notamment avec les hélicoptères qui se meuvent avec beaucoup d’aisance. Je pense que bon nombre d’adaptations du type Halo vont voir le jour d’ici quelques temps…

Au-delà de l’aspect technique indéniablement réussi, Avatar est surtout l’histoire d’un peuple luttant contre l’envahisseur. Si le manichéisme n’est pas évité, il permet avant tout de mettre en place un récit puissant fondé principalement sur la perception de la nature. Les Na’avis ne font qu’un avec elle, tandis que les humains ne cherchent qu’à en piller les richesses. La relation entre Jake Sully (Sam Worthington) et Neytiri (Zoe Saldana) est à la fois très simple et très belle, et renforce l'appartenance de Jake à ce peuple. Un résumé simpliste, mais qui ne gâche en rien le spectacle offert par Cameron qui, encore une fois, parvient à surpendre…