
Sorti le 21 avril

Quoi qu’il en soit, Kick-Ass a généré un buzz impressionnant, et le film de Matthew Vaughn était plus qu’attendu par les fans de Dave Lizewski, l’ado au costume de plongée. Millar n’a pas rédigé lui-même le script, mais il est resté très attentif au travail de production. Et c’est peut-être ce qui empêche le film de trouver sa propre dynamique, puisqu’il reste trop fidèle au matériau d’origine. En n’appliquant pas un recul qui pourrait s’avérer salvateur (on se souvient des X-Men de Singer, le réalisateur ne connaissant rien à l’univers des mutants et leur apportant un réalisme étonnant), Kick-Ass applique la recette du comics sur grand écran, et l’on assiste à un spectacle réussi, mais qui aurait pu s’avérer bien plus jouissif.
Ceux qui ont lu le comics n’auront évidemment pas la surprise de la découverte des personnages et de l’atmosphère barrée dans laquelle ils évoluent, mais Vaughn s’attache à transposer l’œuvre de Millar avec autant de fidélité que possible, respectant même une certaine forme de violence étonnante, même si des plans visibles dans le trailer red band ont été supprimés. Kick-Ass le film est une relecture fidèle de Kick-Ass le comics, et n’apporte finalement que peu de surprises par rapport à ce dernier.

Passée cette déception, il faut reconnaître que le casting est bien choisi et permet de donner vie à ces héros de manière efficace. Le retour en grâce de Nicolas Cage semble être en très bonne voie, après un Bad Lieutenant que je n’ai pas vu mais dont on dit beaucoup de bien. Aaron Johnson dans la peau de Kick-Ass est plutôt bon, et son personnage fait partie de ces jeunes geeks que l’on voit de plus en plus souvent au cinéma, comme l’excellent Jesse Eisenberg dans l’énorme Bienvenue à Zombieland. Mais celle qui les éclipse tous est la minuscule Chloe Moretz, qui explose dans le rôle de Hit-Girl ! Sa prestation est hallucinante, à tel point qu’on est même frustré que le film ne se focalise pas davantage sur elle et Big Daddy !
Si Kick-Ass est une adaptation réussie, le comics reste quand même plus fun et bourrin. Il y a dans les pages de Millar et Romita Jr. un ingrédient supplémentaire qui fait de cette série l’une des meilleures du moment !

