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mercredi 13 octobre 2010

PRINCE OF PERSIA : LES SABLES DU TEMPS


Sorti en DVD le 29 septembre 2010

Vu les qualités plus que médiocres des adaptations de jeux vidéo qui fleurissent au cinéma (je ne peux pas parler de Super Mario Bros, je ne l’ai toujours pas vu !), ce Prince of Persia semblait suivre la même voie que les Resident evil, Alone in the Dark et autre Silent Hill. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je constatais que le récit était intéressant, et que les personnages s’avéraient finalement drôles et attachants! Comme quoi, parfois les bande-annonces sont trompeuses, et cette fois-ci dans le bon sens !

Loin des aberrations scénaristiques et des actions qui vont à l’encontre de toute crédibilité que l’on trouve généralement dans ce type d’adaptations, Prince of Persia : les Sables du Temps prend le temps de poser des personnalités fortes et de développer un récit simple (et non simpliste) qui fait se cotoyer l’âme guerrière et la magie. On retrouve un peu de l’esprit d’un Seigneur des Anneaux au niveau des thématiques, avec la dague qui remplacerait l’Anneau unique, et les Hassasins à la place des chevaliers de Morgul. Mais le tout est mené avec soin et dans le respect d’une mythologie qui est déjà préexistante, le film se basant intelligemment sur le jeu au lieu de trop s’en éloigner (qu’est-ce qu’ils ont foutu avec le manoir de Resident evil bordel?).

Encore plus surprenant, les références à la situation économique et géopolitique des Etats-Unis, avec le personnage du Sheik Amar (excellent Alfred Molina !) bien décidé à ne pas payer d’impôts, et la recherche d’armes infructueuse dans une ville… Le scénario signé Jordan Mechner (scénariste du jeu originel), Boaz Yakin (scénariste de la seule vraie adaptation du Punisher, celle avec Dolph donc), Doug Miro et Carlo Bernard donne un souffle épique à cette aventure, qui sans être follement originale, se permet tout de même d’être un divertissement solide. Les quatres scénaristes ont su intégrer les ingrédients qui manquaient par exemple au Choc des Titans et qui l’empêchait de convaincre malgré un casting et des personnages intéressants.

Le choix de Jake Gyllenhaal dans le rôle principal est un atout majeur, car il lui donne une crédibilité teintée d’auto-dérision plutôt rafraichissante pour ce genre de production. Il ne se permet pas les folles exagérations de Johnny Depp dans la saga Pirates des Caraïbes également produite par Jerry Bruckheimer (et qui constitue le seul intérêt de ces films), mais campe un jeune homme combattif et malin qui va tout faire pour être disculpé d’un meurtre. La belle Gemma Arterton (habituée des grosses productions, puisque déjà présente dans Le Choc des Titans et pressentie pour le rôle principal des préquelles d’Alien) joue une princesse dont la cité a été envahie et qui devra fuir avec le prince déchu. L’une des qualités de cette relation est de faire de cette cavale une sorte de buddy movie tout en le saupoudrant d’une pincée de romance teintée d’humour, ce qui s’avère très efficace.

Prince of Persia allie aventure et combats dans un style vif et moderne, grâce notamment à des scènes de Parkour chorégraphiées par le pionnier de la discipline, le Français David Belle. Le style très Assassin’s Creed que revêt le Prince de Perse n’est pas innocent, puisque Jordan Mechner est également le scénariste des jeux sur le fameux tueur. La mise en scène de Mike Newell (Harry Potter et la Coupe de Feu) donne une grande lisibilité aux scènes d’action, et mis à part quelques sacrifices à l’actioner décérébré (la fameuse scène de destruction massive visible dans la bande-annonce qui est vraiment superflue), Prince of Persia s’avère un film à grand spectacle qui mise davantage sur son ambiance mystérieuse que sur ses effets numériques, et ça, c’est assez remarquable pour être signalé.