

l'actu ciné et DVD, avec un zeste de comics et de série télé




C’est l’histoire d’une jeune fille qui ne sait pas trop où elle en est, c’est l’histoire de l’éveil à la sexualité, et c’est l’histoire de l’apprentissage des réalités concrètes de l’existence. A travers ces quelques jours dans la vie de Mia, Andrea Arnold brosse un portrait dur et réaliste d’une certaine classe sociale, soulignant les espoirs et les difficultés d’adaptation. La jeune Katie Jarvis est vraiment excellente, elle qui est dans la quasi-totalité des scènes de ce film, et elle tient son rôle avec un mélange de rudesse et de beauté maladroite qui lui permet de largement tenir le film sur ses épaules. Le mélange subtil entre les rêves auxquels elle s’accroche et le quotidien plus terne dans lequel elle évolue permet au film de garder une certaine cohérence, tant dans son récit que dans sa mise en scène.
Andrea Arnold parvient en effet à capter une atmosphère simple et délicate, dans laquelle la grisaille de la réalité se tempère par instants, au détour d’un échange ou d’une danse. La scène de son entraînement dans l’appart désert à la tombée de la nuit, sans que l’on entende la musique qui passe dans ses écouteurs, est la parfaite expression d’une poésie réaliste.

Le récit ose poser des questions très intimes concernant l’éveil des sens, puisque Mia doit faire face à ses propres sentiments envers le nouveau copain de sa mère. Là encore, Andrea Arnold nous montre une ado qui ne maîtrise pas ce qu’elle ressent, et qui essaie de s’en accommoder. Cette frontière ambigüe est le centre du film, et le personnage joué par Michael Fassbender, qui ne semble pas insensible à ses charmes, met lui aussi en avant des questionnements très délicats.
Fish Tank n’est pas du tout un film glauque, et son réalisme parfois âpre se teinte d’une certaine poésie désabusée. Une petite réussite qui doit beaucoup à son interprète principale, et qui permet de montrer que le cinéma social n’est pas toujours ennuyeux.

La machine Avatar poursuit sa conquête avec pour l’instant un milliard de dollars de recettes mondiales. Cameron va peut-être réussir à dépasser son propre Titanic… Mais au-delà de ces chiffres hallucinants et du raz-de-marée médiatique, que vaut cet Avatar censé révolutionner le monde du cinéma ?
J’avais un a-priori bien ancré concernant ce film, qui me semblait être une sorte de prolongement de l’univers de Warcraft. Visuellement ou thématiquement, je ne suis pas fan de ce jeu et je craignais que le film se perde dans des circonvolutions un peu trop geek pour moi. Mais si quelques aspects s’y apparentent, la vision de James Cameron est avant tout cinématographique, faisant de cet Avatar un très grand spectacle tant sur le plan technique que sur le plan humain.
Si le récit rappellera sans doute Danse avec les Loups ou Le nouveau Monde, la particularité du film est évidemment de le transposer dans un univers totalement neuf qui devrait vous offrir un dépaysement total. Pandora est un monde riche et coloré que Cameron et son équipe ont dû prendre bien du plaisir à imaginer et à créer, et même les plus réticents aux jeux vidéos seront surpris par la densité de cet univers. La 3D retravaillée par Cameron propose une immersion totale dans ce monde étrange et merveilleux, offrant un spectacle qui va bien plus loin que les classiques effets de projectiles arrivant sur le spectateur. Avec Avatar, Cameron tend vers un cinéma littéralement dense, puisque sa 3D s’applique à jouer avec les arrières-plans et les textures des éléments à l’image. Quand Sully joue avec la terre sous ses pieds, on ressent presque son mouvement. C’est en prenant en compte cette sensibilté que Cameron crée un univers digne d’intérêt pour lequel la technologie n’est pas qu’une froide innovation de plus.
Je vais éviter les spoilers pour les nombreuses personnes qui ne l’ont pas encore vu (et qui se sont probablement fait refouler faute de place !), mais la découverte de ce monde coloré, sensitif et intelligent est un vrai plaisir. Cameron intègre à son univers visuel des points de vue philosophiques et écologiques d’une beauté simple, magnifiés par leur réalisme. Les liens puissants entre les Na’avis et leur terre renvoient là encore à Danse avec les Loups ou Le nouveau Monde, mais Cameron y rajoute une féérie qu’il assume avec énormément de talent. Sous ses atours de jeu vidéo, Avatar est un hymne à la nature sincère.
Et quel plaisir de revoir Ripley ! Sigourney Weaver est toujours excellente, dans un rôle nettement plus pacifique mais toujours aussi grande gueule ! Et son avatar est tellement fidèle, c’est véritablement impressionnant ! Les références à Aliens sont multiples, la plus évidente étant les robots pilotés sembables à celui de Ripley à la fin du film. Là encore, le réalisme des combats et la fluidité des mouvements est parfaite. Cameron a créé tout un arsenal militaire puissant et très réaliste, notamment avec les hélicoptères qui se meuvent avec beaucoup d’aisance. Je pense que bon nombre d’adaptations du type Halo vont voir le jour d’ici quelques temps…
Au-delà de l’aspect technique indéniablement réussi, Avatar est surtout l’histoire d’un peuple luttant contre l’envahisseur. Si le manichéisme n’est pas évité, il permet avant tout de mettre en place un récit puissant fondé principalement sur la perception de la nature. Les Na’avis ne font qu’un avec elle, tandis que les humains ne cherchent qu’à en piller les richesses. La relation entre Jake Sully (Sam Worthington) et Neytiri (Zoe Saldana) est à la fois très simple et très belle, et renforce l'appartenance de Jake à ce peuple. Un résumé simpliste, mais qui ne gâche en rien le spectacle offert par Cameron qui, encore une fois, parvient à surpendre…
Autant de pensées persistantes qui mettent mon esprit en ébullition, je répondrai donc à une question à la fois. La première fait suite à l’article de Niko06 sur son excellent Filmosphère, qui fait le bilan de cette année riche en découvertes. Pour ma part, j’ai dû batailler ferme et éjecter d’excellents films afin de réduire le classement à 10 places. J’espère que j’aurai autant de mal à effectuer ce classement en décembre prochain !

10. INGLOURIOUS BASTERDS
Tarantino revisite l’Histoire avec maëstria et selon son point de vue très personnel, et le résultat est drôle, bourrin et énorme. QT retrouve sa forme originelle ! (critique complète en cliquant sur le truc en violet, juste là).

9. VERTIGE
Le premier film d’Abel Ferry est une surprise de taille, le bonhomme parvenant à créer un survival de toute beauté, ce qui n’était pas arrivé dans nos contrées depuis… Et ben depuis Humains en fait ! Naaaaaan je déconne, en fait ça n’était pas arrivé depuis le Haute Tension d’Aja !

8. MULBERRY STREET
Là encore, il s’agit d’un premier film. Jim Mickle revisite le film d’infectés en y ajoutant une atmosphère 80’s tendue comme un string et une mise en scène énorme qui fait de ce Mulberry street un classique en devenir. Si si, vous verrez… Sorti dans nos contrées en DVD dans l’anonymat le plus total…

7. DEAD MAN’S SHOES
Une bombe totalement atypique qui revisite le thème de la vengeance en le traitant sous un angle bucolique et bourrin à la fois ! Shane Meadows frappe un grand coup avec ce film, et Paddy Considine est exceptionnel !

6. CHOCOLATE
J’ai un faible pour les friandises, et celle offerte par Prachya Pinkaew est un délice ! La petite JeeJa Yanin est au centre de ce film de combats jouissif à mort, dans lequel s’enchaînent des séquences toutes plus démentielles les unes que les autres ! De la pure bombe thaï comme on en fait pas ailleurs !

5. LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE
Premier film du réalisateur grec Dennis Illiadis, ce remake du film très moche de Craven est exceptionnel, tant par son atmosphère désespérée que par sa mise en scène géniale. Cette descente aux enfers est un bad trip d’une intensité rare, et le réal s’impose avec cette bande totalement radicale.

4. BIENVENUE A ZOMBIELAND
Enooooorme ! Une comédie de zombies bad-ass avec un Woody en pleine forme, un humour qui décapite tout, une mise en scène qui déchire… Bienvenue à Zombieland est une date dans la comédie, et dans le film de zombies, et dans la filmo de… Ah non je ne spoilerai pas, mais quel plaisir de le voir participer à cette œuvre démente !!!

3. COLD PREY
Le boogeyman qui vient du froid est la perle de Gérardmer 2009. La scandinavie est une terre très fertile en matière de slasher et de survival, et la bombe de Roar Uthaug fracasse tout ! L’histoire ultra-classique de la bande de jeunes qui se réfugie dans un endroit apparemment désert est dynamitée par un travail d’écriture de la meilleure facture et une réalisation de toute beauté. Cold Prey et son excellente suite sortiront dans les bacs début janvier !
2. SOUTHLAND TALES
Richard Kelly au sommet de son art pour un trip hallucinant dans un futur dérangé où zonent The Rock, Sarah Michelle Gellar, Justin Timberlake et bien d’autres, emportés par une vague post-1984 magnifique et des déviations métaphysiques géniales… Le film-somme de Kelly, d’une densité à faire pleurer et d’une maîtrise absolue.

1. BOY A
On termine par le choc émotionnel de l’année, un petit film anglais qui a fait sensation dans les festivals et qui mérite vraiment une reconnaissance. Un réalisateur plus que talentueux (John Crowley) associé à un acteur exceptionnel (Andrew Garfield), pour un récit sur la culpabilité et la rédemption d’une grandeur jamais vue. Tout en subtilité et en finesse, le récit suit l’existence fragile de ce jeune homme dont la soif de vivre est mise à rude épreuve, et l’on tient tout simplement un des plus beaux films qui ait vu le jour.
Ouh, que d’émotions ! Je sèche mes larmes et je vous invite à mettre en ligne vos propres TOP 10, et j’en profite également pour vous souhaitez un excellent passage en 2010 !

Sorti en DVD le 9 décembre
Qu’est-ce qui dans ce film a pu plaire autant pour faire un tel carton ? On prend American Pie, on le mixe avec Supergrave et on obtient Very bad Trip. Rien d’original, pas de trait d’humour totalement génial, et des personnages sans envergure. Franchement, je ne vois vraiment pas l'originalité du produit…
Il y a un truc qui est vraiment particulier avec ce film, c’est qu’il propose un concept vraiment innovant : les trucs les plus drôles sont ceux que l’on ne verra jamais. En fait, la soirée de dingue qu’ont passé les 4 amis a été tellement intense qu’ils n’en ont gardé aucun souvenir, et ils vont essayer de remonter la trace de tout ce qu’ils ont fait. Enfin, ils sont 3 à essayer, le 4ème ayant mystérieusement disparu… Mais j’avoue que le concept est osé, parce qu’au vu du générique de fin (où l’on découvre quelques éléments de la soirée mémorable), on se dit que ça aurait été tellement drôle de faire un film sur cette même soirée… Parce que l’ « enquête » menée par les 3 amis n’a pas grand-chose de drôle finalement. Je ne dirai pas que je n’ai pas ri à 2 ou 3 moments, mais c’est tellement peu sur l’ensemble du film que cette comédie me laisse plutôt un souvenir décevant.
Il y a quelques trucs qui ressortent quand même de ce film, comme le personnage d’Alan qui est bien timbré et qui est à l’origine de quelques vannes sympas, comme avec le gamin ou la comète de Haley. Mais je n’arrive vraiment pas à saisir pourquoi ce film a connu un tel succès, tant les situations ne sortent pas du lot commun de ce genre de film. Les vannes sont parfois drôles mais n’ontrien d’exceptionnel, et l’ensemble suit un rythme vraiment décousu qui n’est qu’une succession de scènes sans véritable lien. La recherche de Doug n’est qu’un prétexte pour écrire un scénario fourre-tout qui ne parvient pas à être cohérent ni intéressant. Bon, je sais que beaucoup de personnes semblent avoir apprécié ce film, mais j’avoue que je ne comprends pas les critiques enthousiastes que j’ai pu en lire…
Un tigre dans la salle de bain, une poule qui se balade dans le salon, un bébé dans une armoire… Le bad trip de ces mecs n’est vraiment pas aussi fun qu’il y paraît…







