lundi 11 janvier 2010

LA PROPOSITION




Sortie en DVD le3 février



Les comédies romantiques, c’est un peu comme les buddy movies: au début, ils ont envie de se mettre sur la gueule, et à la fin ils ne pourraient plus se passer l’un de l’autre. Prenez Ryan Reynolds et Sandra
Bullock, c’est comme Tango et Cash: ça se fige et ça s’envoie des vannes à 2 balles, et au fil du film, ça apprend le respect de l’autre et les émotions affleurent… Ouais en fait ça a pas grand-chose à voir avec Tango et Cash finalement!
Tout ça pour dire que la recette est très classique, mais que Ryan et Sandra permettent de donner un rythme de croisière appréciable à ce film. Andrew est l’assistant de Margaret, la chef tyrannique par excellence, qui va se faire expulser faute de visa valide. Elle ne va rien trouver de mieux que d’obliger Andrew a contracter un mariage blanc afin de pouvoir garder son poste. Le point de départ va donner lieu à une série de quiproquos qui vont aller en augmentant, comme dans toute bonne comédie de ce genre.

La bonne idée du film est de sortir du contexte new-yorkais de départ qui fait toujours très cliché, et de prendre un bon bol d’air frais en Alaska. Andrew joue le jeu et emmène donc sa chère et tendre patronne sur son île natale, où la présentation à la famille ne va pas se faire sans heurts. L’ambiance insulaire est vraiment sympa et permet de développer cette histoire balisée en y apportant un climat différent des comédies romantiques standard.
Avec des seconds rôles solides comme Mary Steenburgen et Craig T. Nelson, ce film se suit avec plaisir, et il faut noter aussi la performance d’Oscar Nunez dans le rôle de Ramone, l’élément comique qui fonctionne vraiment bien!

samedi 9 janvier 2010

FISH TANK



Sortie en DVD le 3 février



Bon, je vais un peu anticiper sur les critiques du mois prochain, puisque février devrait être quasi-exclusivement consacré au Festival de Gérardmer. Avec 5 jours d'hémoglobine et de bon air frais, il devrait y avoir embouteillage de billets!



Pour son 2ème film après le remarqué Red Road, Andrea Arnold s’essaie à la chronique adolescente avec aisance et subtilité. En suivant le parcours de Mia (l’impressionnante Katie Jarvis dans son premier rôle), jeune fille rebelle de 15 ans passionnée par la danse hip-hop, la réalisatrice nous plonge dans le réalisme social des quartiers défavorisés sans pour autant nous asséner les leçons classiques du cinéma anglais. Ici le point de vue est direct et ne se laisse pas influencer par un certain jugement, permettant à cette œuvre de réussir là où d’autres sont plombées par leur didactisme.

C’est l’histoire d’une jeune fille qui ne sait pas trop où elle en est, c’est l’histoire de l’éveil à la sexualité, et c’est l’histoire de l’apprentissage des réalités concrètes de l’existence. A travers ces quelques jours dans la vie de Mia, Andrea Arnold brosse un portrait dur et réaliste d’une certaine classe sociale, soulignant les espoirs et les difficultés d’adaptation. La jeune Katie Jarvis est vraiment excellente, elle qui est dans la quasi-totalité des scènes de ce film, et elle tient son rôle avec un mélange de rudesse et de beauté maladroite qui lui permet de largement tenir le film sur ses épaules. Le mélange subtil entre les rêves auxquels elle s’accroche et le quotidien plus terne dans lequel elle évolue permet au film de garder une certaine cohérence, tant dans son récit que dans sa mise en scène.

Andrea Arnold parvient en effet à capter une atmosphère simple et délicate, dans laquelle la grisaille de la réalité se tempère par instants, au détour d’un échange ou d’une danse. La scène de son entraînement dans l’appart désert à la tombée de la nuit, sans que l’on entende la musique qui passe dans ses écouteurs, est la parfaite expression d’une poésie réaliste.

Le récit ose poser des questions très intimes concernant l’éveil des sens, puisque Mia doit faire face à ses propres sentiments envers le nouveau copain de sa mère. Là encore, Andrea Arnold nous montre une ado qui ne maîtrise pas ce qu’elle ressent, et qui essaie de s’en accommoder. Cette frontière ambigüe est le centre du film, et le personnage joué par Michael Fassbender, qui ne semble pas insensible à ses charmes, met lui aussi en avant des questionnements très délicats.

Fish Tank n’est pas du tout un film glauque, et son réalisme parfois âpre se teinte d’une certaine poésie désabusée. Une petite réussite qui doit beaucoup à son interprète principale, et qui permet de montrer que le cinéma social n’est pas toujours ennuyeux.

lundi 4 janvier 2010

AVATAR




Sorti le 16 décembre



La machine Avatar poursuit sa conquête avec pour l’instant un milliard de dollars de recettes mondiales. Cameron va peut-être réussir à dépasser son propre Titanic… Mais au-delà de ces chiffres hallucinants et du raz-de-marée médiatique, que vaut cet Avatar censé révolutionner le monde du cinéma ?

J’avais un a-priori bien ancré concernant ce film, qui me semblait être une sorte de prolongement de l’univers de Warcraft. Visuellement ou thématiquement, je ne suis pas fan de ce jeu et je craignais que le film se perde dans des circonvolutions un peu trop geek pour moi. Mais si quelques aspects s’y apparentent, la vision de James Cameron est avant tout cinématographique, faisant de cet Avatar un très grand spectacle tant sur le plan technique que sur le plan humain.


Si le récit rappellera sans doute Danse avec les Loups ou Le nouveau Monde, la particularité du film est évidemment de le transposer dans un univers totalement neuf qui devrait vous offrir un dépaysement total. Pandora est un monde riche et coloré que Cameron et son équipe ont dû prendre bien du plaisir à imaginer et à créer, et même les plus réticents aux jeux vidéos seront surpris par la densité de cet univers. La 3D retravaillée par Cameron propose une immersion totale dans ce monde étrange et merveilleux, offrant un spectacle qui va bien plus loin que les classiques effets de projectiles arrivant sur le spectateur. Avec Avatar, Cameron tend vers un cinéma littéralement dense, puisque sa 3D s’applique à jouer avec les arrières-plans et les textures des éléments à l’image. Quand Sully joue avec la terre sous ses pieds, on ressent presque son mouvement. C’est en prenant en compte cette sensibilté que Cameron crée un univers digne d’intérêt pour lequel la technologie n’est pas qu’une froide innovation de plus.

Je vais éviter les spoilers pour les nombreuses personnes qui ne l’ont pas encore vu (et qui se sont probablement fait refouler faute de place !), mais la découverte de ce monde coloré, sensitif et intelligent est un vrai plaisir. Cameron intègre à son univers visuel des points de vue philosophiques et écologiques d’une beauté simple, magnifiés par leur réalisme. Les liens puissants entre les Na’avis et leur terre renvoient là encore à Danse avec les Loups ou Le nouveau Monde, mais Cameron y rajoute une féérie qu’il assume avec énormément de talent. Sous ses atours de jeu vidéo, Avatar est un hymne à la nature sincère.

Et quel plaisir de revoir Ripley ! Sigourney Weaver est toujours excellente, dans un rôle nettement plus pacifique mais toujours aussi grande gueule ! Et son avatar est tellement fidèle, c’est véritablement impressionnant ! Les références à Aliens sont multiples, la plus évidente étant les robots pilotés sembables à celui de Ripley à la fin du film. Là encore, le réalisme des combats et la fluidité des mouvements est parfaite. Cameron a créé tout un arsenal militaire puissant et très réaliste, notamment avec les hélicoptères qui se meuvent avec beaucoup d’aisance. Je pense que bon nombre d’adaptations du type Halo vont voir le jour d’ici quelques temps…

Au-delà de l’aspect technique indéniablement réussi, Avatar est surtout l’histoire d’un peuple luttant contre l’envahisseur. Si le manichéisme n’est pas évité, il permet avant tout de mettre en place un récit puissant fondé principalement sur la perception de la nature. Les Na’avis ne font qu’un avec elle, tandis que les humains ne cherchent qu’à en piller les richesses. La relation entre Jake Sully (Sam Worthington) et Neytiri (Zoe Saldana) est à la fois très simple et très belle, et renforce l'appartenance de Jake à ce peuple. Un résumé simpliste, mais qui ne gâche en rien le spectacle offert par Cameron qui, encore une fois, parvient à surpendre…

lundi 28 décembre 2009

TOP 10 CINEMA 2009

2009 arrive en bout de course, et c’est toujours entre la bûche et la dinde que viennent les questionnements : vais-je adhérer à Hadopi, est-ce qu’en 2010 je parviendrai à apprécier 2012, les gens se tiendront-ils tous par la main en chantant Heal the World, quels sont les meilleurs films que j’ai vu cette année, figue ou raisin, l’œuf ou la poule ?

Autant de pensées persistantes qui mettent mon esprit en ébullition, je répondrai donc à une question à la fois. La première fait suite à l’article de Niko06 sur son excellent Filmosphère, qui fait le bilan de cette année riche en découvertes. Pour ma part, j’ai dû batailler ferme et éjecter d’excellents films afin de réduire le classement à 10 places. J’espère que j’aurai autant de mal à effectuer ce classement en décembre prochain !


10. INGLOURIOUS BASTERDS

Tarantino revisite l’Histoire avec maëstria et selon son point de vue très personnel, et le résultat est drôle, bourrin et énorme. QT retrouve sa forme originelle ! (critique complète en cliquant sur le truc en violet, juste ).




9. VERTIGE

Le premier film d’Abel Ferry est une surprise de taille, le bonhomme parvenant à créer un survival de toute beauté, ce qui n’était pas arrivé dans nos contrées depuis… Et ben depuis Humains en fait ! Naaaaaan je déconne, en fait ça n’était pas arrivé depuis le Haute Tension d’Aja !




8. MULBERRY STREET

Là encore, il s’agit d’un premier film. Jim Mickle revisite le film d’infectés en y ajoutant une atmosphère 80’s tendue comme un string et une mise en scène énorme qui fait de ce Mulberry street un classique en devenir. Si si, vous verrez… Sorti dans nos contrées en DVD dans l’anonymat le plus total…





7. DEAD MAN’S SHOES

Une bombe totalement atypique qui revisite le thème de la vengeance en le traitant sous un angle bucolique et bourrin à la fois ! Shane Meadows frappe un grand coup avec ce film, et Paddy Considine est exceptionnel !



6. CHOCOLATE

J’ai un faible pour les friandises, et celle offerte par Prachya Pinkaew est un délice ! La petite JeeJa Yanin est au centre de ce film de combats jouissif à mort, dans lequel s’enchaînent des séquences toutes plus démentielles les unes que les autres ! De la pure bombe thaï comme on en fait pas ailleurs !




5. LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE

Premier film du réalisateur grec Dennis Illiadis, ce remake du film très moche de Craven est exceptionnel, tant par son atmosphère désespérée que par sa mise en scène géniale. Cette descente aux enfers est un bad trip d’une intensité rare, et le réal s’impose avec cette bande totalement radicale.




4. BIENVENUE A ZOMBIELAND

Enooooorme ! Une comédie de zombies bad-ass avec un Woody en pleine forme, un humour qui décapite tout, une mise en scène qui déchire… Bienvenue à Zombieland est une date dans la comédie, et dans le film de zombies, et dans la filmo de… Ah non je ne spoilerai pas, mais quel plaisir de le voir participer à cette œuvre démente !!!




3. COLD PREY

Le boogeyman qui vient du froid est la perle de Gérardmer 2009. La scandinavie est une terre très fertile en matière de slasher et de survival, et la bombe de Roar Uthaug fracasse tout ! L’histoire ultra-classique de la bande de jeunes qui se réfugie dans un endroit apparemment désert est dynamitée par un travail d’écriture de la meilleure facture et une réalisation de toute beauté. Cold Prey et son excellente suite sortiront dans les bacs début janvier !



2. SOUTHLAND TALES

Richard Kelly au sommet de son art pour un trip hallucinant dans un futur dérangé où zonent The Rock, Sarah Michelle Gellar, Justin Timberlake et bien d’autres, emportés par une vague post-1984 magnifique et des déviations métaphysiques géniales… Le film-somme de Kelly, d’une densité à faire pleurer et d’une maîtrise absolue.




1. BOY A

On termine par le choc émotionnel de l’année, un petit film anglais qui a fait sensation dans les festivals et qui mérite vraiment une reconnaissance. Un réalisateur plus que talentueux (John Crowley) associé à un acteur exceptionnel (Andrew Garfield), pour un récit sur la culpabilité et la rédemption d’une grandeur jamais vue. Tout en subtilité et en finesse, le récit suit l’existence fragile de ce jeune homme dont la soif de vivre est mise à rude épreuve, et l’on tient tout simplement un des plus beaux films qui ait vu le jour.


Ouh, que d’émotions ! Je sèche mes larmes et je vous invite à mettre en ligne vos propres TOP 10, et j’en profite également pour vous souhaitez un excellent passage en 2010 !



vendredi 25 décembre 2009

VERY BAD TRIP


Sorti en DVD le 9 décembre


Qu’est-ce qui dans ce film a pu plaire autant pour faire un tel carton ? On prend American Pie, on le mixe avec Supergrave et on obtient Very bad Trip. Rien d’original, pas de trait d’humour totalement génial, et des personnages sans envergure. Franchement, je ne vois vraiment pas l'originalité du produit…

Il y a un truc qui est vraiment particulier avec ce film, c’est qu’il propose un concept vraiment innovant : les trucs les plus drôles sont ceux que l’on ne verra jamais. En fait, la soirée de dingue qu’ont passé les 4 amis a été tellement intense qu’ils n’en ont gardé aucun souvenir, et ils vont essayer de remonter la trace de tout ce qu’ils ont fait. Enfin, ils sont 3 à essayer, le 4ème ayant mystérieusement disparu… Mais j’avoue que le concept est osé, parce qu’au vu du générique de fin (où l’on découvre quelques éléments de la soirée mémorable), on se dit que ça aurait été tellement drôle de faire un film sur cette même soirée… Parce que l’ « enquête » menée par les 3 amis n’a pas grand-chose de drôle finalement. Je ne dirai pas que je n’ai pas ri à 2 ou 3 moments, mais c’est tellement peu sur l’ensemble du film que cette comédie me laisse plutôt un souvenir décevant.

Il y a quelques trucs qui ressortent quand même de ce film, comme le personnage d’Alan qui est bien timbré et qui est à l’origine de quelques vannes sympas, comme avec le gamin ou la comète de Haley. Mais je n’arrive vraiment pas à saisir pourquoi ce film a connu un tel succès, tant les situations ne sortent pas du lot commun de ce genre de film. Les vannes sont parfois drôles mais n’ontrien d’exceptionnel, et l’ensemble suit un rythme vraiment décousu qui n’est qu’une succession de scènes sans véritable lien. La recherche de Doug n’est qu’un prétexte pour écrire un scénario fourre-tout qui ne parvient pas à être cohérent ni intéressant. Bon, je sais que beaucoup de personnes semblent avoir apprécié ce film, mais j’avoue que je ne comprends pas les critiques enthousiastes que j’ai pu en lire…

Un tigre dans la salle de bain, une poule qui se balade dans le salon, un bébé dans une armoire… Le bad trip de ces mecs n’est vraiment pas aussi fun qu’il y paraît…

dimanche 20 décembre 2009

STOIC


Inédit


Uwe Boll poursuit sa réhabilitation cinématographique de la plus belle manière, nous offrant avec Stoic un drame carcéral sans concession. Pour ceux qui ne connaîtraient le réalisateur teuton qu’à travers ses adaptations vidéo-ludico-foireuses, le choc risque d’être encore plus violent !
S’appuyant sur un fait divers s’étant déroulé dans un centre de détention pour délits mineurs, Uwe Boll nous plonge dans un récit sordide et désespéré. La narration très intelligente fonctionne sur deux temporalités : le présent, où l’on voit les détenus s’expliquer sur les événements ; et le passé, où l’on assiste à ces terribles événements. Le choix est dramatiquement très judicieux, puisqu’il confère un caractère inéluctable à la situation, renforçant par là même la tension des séquences.


Mais au-delà de ce choix narratif, Stoic bénéficie d’une mise en scène très efficace. Le film se déroulant presque intégralement dans la cellule que partagent les quatre prisonniers (le second et dernier lieu étant la salle d’interrogatoire), on pouvait craindre une vision très théâtrale, mais il n’en est rien. Uwe Boll aère son film en modifiant les angles de vue de manière très intelligente, ce qui renforce paradoxalement la promiscuité due à la situation et aux événements. Ce curieux mélange donne une dimension très nerveuse et angoissante au film, et cette plongée maladive en milieu carcéral est une réussite !
La dynamique imposée par Boll provient aussi de son montage très vif, qui n’a rien à voir avec un style MTV. On n'est pas dans la surenchère, mais dans l’élaboration d’une ambiance délétère grâce à un rythme très élaboré. Des plans-séquences auraient sans doute plombé le rythme, et le choix de découper l’action à travers des plans qui se superposent presque est intuitivement le bon. Cela permet d’obtenir un rendu réaliste plus important, puisque très proche d’une vision documentaire. Le choix de la photographie très terne participe à cette vision, et Stoic déroule son récit dérangeant de manière très efficace.


Le casting est évidemment très important dans un huis-clos, et celui de Stoic est exemplaire. En première ligne, quelle surprise de retrouver Edward Furlong, le seul et unique John Connor ! L’ex-beau gosse s’est métamorphosé, et il possède une présence physique indéniable. Sam Levinson, qui se contentait jusqu’à présent de jouer dans les films de papa (Barry Levinson), est un excellent acteur qui s’en sort à merveille avec un personnage très complexe. Steffen Mennekes est un habitué des productions Boll, puisqu’il a participé au déjanté Postal et à Bloodrayne 2. Là encore, on a affaire à un acteur très impliqué qui sait jouer avec le côté bestial de son personnage. Et enfin Shaun Sipos, qui parvient à créer un personnage très réaliste.
Stoic est une expérience qui ne laisse pas indifférent, et Uwe Boll parvient à nous immerger dans cette tragédie en étant le plus direct possible et sans chercher de justifications. Il nous livre des faits bruts, que les personnages vont tenter de rationnaliser, mais il s’agit avant tout de la vision d’un microcosme qui n’attend qu’une occasion pour exploser. Stoic peut se voir comme une allégorie de la nature humaine, dont le vernis social peut sauter à tout instant. Et Uwe Boll nous le montre avec beaucoup de talent.

vendredi 18 décembre 2009

LA-HAUT



Sorti en DVD le 16 décembre



Pixar poursuit son petit bonhomme de chemin en restant à l’avant-garde de l’animation, et Là-Haut constitue une œuvre sympathique restant dans la lignée des productions habituelles du groupe. On y retrouve de l’émotion, de l’aventure et de l’humour dans un mélange intelligent, permettant toujours des degrés de lecture divers selon l’âge des spectateurs. La recette est rôdée et efficace.

Pete Docter (réalisateur sur Monstres et Compagnie) et Bob Peterson mettent en scène les aventures d’un vieil homme solitaire et d’un jeune garçon passionné d’exploration qui vont se retrouver dans une maison volante à destination de l’Amérique du Sud ! Carl Fredricksen est un homme vieillissant, rongé par la mort de son épouse Ellie. Mais le jour où il est contraint de partir en maison de retraite, il décide de se lancer dans le périple qu’il aurait tant aimé faire avec sa compagne.
Ce qui frappe chez Pixar, c’est la qualité d’écriture et la fluidité de la narration. Le résumé de la vie de couple de Carl et Ellie est à ce titre une référence, plongeant le spectateur dans des émotions élémentaires et profondes en l’espace d’un instant. C’est simple, c’est impossible de ne pas avoir les larmes aux yeux devant cette évocation d’une vie amoureuse !

Là-Haut va nous entraîner ensuite dans un récit sympathique où nous croiserons un oiseau géant, un chien qui parle et d’autres personnages singuliers, et l’on va suivre tranquillement un récit drôle et inventif où les deux compères vont devoir lutter contre des obstacles divers et bien dangereux. Mais sous le niveau de lecture primaire, on trouve un récit initiatique pour deux personnes à deux extrémités de l’existence, et les symboles marquant le récit font partie de la richesse de cette œuvre. La maison que Carl tire sur son dos, le badge qu’il a conservé… Au-delà de l’aspect comique et absurde des situations, il y a cette profondeur d’âme qui pointe de temps en temps et qui nous parle finalement de la solitude et de la mort. Et réussir à faire passer ça dans un dessin animé destiné tout d’abord aux enfants, c’est plutôt surprenant !