vendredi 4 février 2011

GERARDMER 2011, 4EME SEANCE: HEARTLESS


Inédit



2 ans déjà que ce film anglais a été produit, et il concourt donc logiquement dans la catégorie Inédits Vidéo. Connu pour son Darkly Noon avec Viggo Mortensen et Ashley Judd, Philip Ridley revient au cinéma après un silence de 14 ans, et nous convie à une virée dans les bas-fonds londoniens peuplés de créatures démoniaques.

Egalement auteur du scénario, Ridley met en scène Jamie Morgan, jeune homme introverti doté d'une tache de naissance qui lui dévore la moitié du visage. Adepte de la photographie, il va découvrir une réalité terrifiante dans les rues nocturnes, et sera confronté à des ennemis aussi mystérieux que dangereux. Sur le papier, le programme est sacrément alléchant avec sa touche mystique et cette vision du Mal à l'état pur. L'entame du film, avec sa mise en scène stylisée, est plutôt engageante. Le travail sur la lumière et les cadrages collent parfaitement aux obsessions visuelles de Jamie, et l'on est se dit que l'on va entrer progressivement dans une histoire captivante.


Mais le réalisateur cède peu à peu du terrain, et son récit s'encombre de stéréotypes et de lieux communs qui dénaturent la mise en place de départ. Cela se fait sentir dès les premières scènes où la musique devient trop importante, et qui semblent n'être q'un moyen d'officialiser une BO. On voit Jamie errer dans les rues à la manière d'un clip, sans que cela ait une incidence ou la moindre portée dramatique sur le récit. Cet aspect superficiel est évident, et marque la bifurcation du métrage vers des territoires redondants...


Le gros problème du film est son traitement de l'explication démoniaque, en mettant en scène un personnage terriblement ridicule qui va plomber la crédibilité du récit. Dès lors, les promesses de départ restent caduques, et l'on assiste à un propos pesant qui trouve une résolution peu convaincante. La partie bluette n'est pas pour arranger les choses, même si l'on retrouve avec plaisir Clémence Poésy, qui depuis Harry Potter et la Coupe de Feu, poursuit une carrière internationale, puisqu'elle a participé au 127 Heures de Danny Boyle.
Heartless se perd finalement dans des méandres faustiens sans intérêt et sans surprise, et c'est bien dommage après un début prometteur...

jeudi 3 février 2011

GERARDMER 2011, 3EME SEANCE: THE UNFORGIVING


Inédit



Pour son premier film, le Sud-Africain Alastair Orr cumule les casquettes de monteur, producteur, scénariste et réalisateur, pour nous livrer une oeuvre fonctionnant sur le mode du flash-back et sur le principe du twist, ce qui est très à la mode depuis le premier Saw.

Un homme et une femme ont été retrouvés en pleine campagne sud-africaine, et sont les seuls survivants d'un massacre. Au fil des interrogatoires auxquels ils sont conviés, on revient sur la scène de crime et on découvre progressivement la nature des événements. Cette narration éclatée s'avère volontairement confuse, et oblige le spectateur à bien suivre les événements afin de rassembler les morceaux de ce puzzle morbide.


Alastair Orr cède aussi à la mode de la shaky cam, procédé finalement pas gratuit qui souligne la tension des protagonistes et offre une approche plus réaliste. Son montage alterne souvent les gros plans avec des inserts, comme pour coller au plus près des personnages tout en restant dans une certaine urgence. La photographie lumineuse de Craig Maarschalk parvient paradoxalement à donner une consistance froide aux décors ensoleillés, grâce au décalage entre l'action et le lieu.
L'aspect ludique du métrage consiste bien sûr à essayer de déterminer le cours des événements, et le scénario d'Alastair Orr s'avère bien ficelé, malgré quelques cheveux trop tirés. L'apparence du tueur colle vraiment bien avec l'affiche du festival, puisqu'il revêt un masque à gaz du plus bel effet!

The Unforgiving, qui était sélectionné dans la catégorie Inédits Vidéo, est donc efficace, grâce à une violence réaliste et une ambiance tendue, ce qui est plutôt bien pour un coup d'essai!

mercredi 2 février 2011

GERARDMER 2011, 2EME SEANCE: ULTIMATE PATROL


Sortie en DVD le 1er mars



9 ans après le carton du Projet Blair Witch qu'il co-réalisait avec Eduardo Sanchez, Daniel Myrick poursuit son aventure cinématographique de manière plus confidentielle, puisque ses films sont exclusivement destinés au marché de la vidéo. Ultimate Patrol (qui concourt dans la catégorie Inédits Vidéo) est son 4ème film après Blair Witch, et prouve une fois encore, après un Solstice réussi, qu'il y a bien une vie après la vilaine sorcière. Evidemment, ces productions ne prétendent pas au même impact, mais constituent des bandes solides et agréables.


Dans Ultimate Patrol (The Objective en VO), on suit un groupe des Forces spéciales envoyé en Afghanistan pour enquêter sur des événements inexpliqués. Myrick s'occupe également du scénario, avec l'aide de Wesley Clark, et aussi Mark A. Patton, qui avait déja oeuvré avec le réalisateur sur The Strand. Ils créent un groupe aux personnalités bien caractérisées, qu'ils vont baigner dans une atmosphère étrange plutôt bien travaillée. La beauté des paysages marocains se substitue à l'environnement afghan dans lequel se déroule le film, et Daniel Myrick crée un climat de tension sourde qu'il intègre dans une mise en scène contemplative. Le résultat est un film de guerre réaliste sur lequel va se greffer un élément fantastique, ce qui n'est pas sans évoquer le Djinns de Sandra et Hugues Martin, qui parvenait lui aussi à un équilibre réussi entre chronique de guerre, beauté des cadres et événements inexpliqués.


La progression des soldats va se faire à travers leurs rencontres, amicales ou violentes, pour déboucher sur un final que n'aurait pas renié Chris Carter.
Daniel Myrick appose encore quelques touches à la Blair Witch, avec des structures qui rappellent évidemment les personnages en brindilles de son premier film; mais il ne les utilise pas gratuitement, et elles participent pleinement à la beauté étrange de ce récit. Si Myrick ne parvient pas à recréer la peur viscérale, il parvient à donner corps à un film d'ambiance réussi.

mardi 1 février 2011

GERARDMER 2011, 1ERE SEANCE: DEVIL





Ca y est, nous sommes de retour après 5 jours de folie, de sang et de bonne bouffe au 18ème Festival du Film fantastique de Gérardmer!!! Reb Brown, Mother Firefly, Sonny Corleone, Lionel Luthor et moi-même avons affronté le froid, la faim et la soif pour réussir à voir un maximum d'oeuvres gores et violentes, qui nous venaient d'horizons bien variés! Gros bémol tout de même au niveau de l'organisation, puisque de nombreux festivaliers se sont vus refuser l'entrée des salles à cause d'un trop grand nombre de spectateurs, ce qui a légitimement de quoi faire enrager!!! Le système des pass ne permettait pas à ceux qui venaient pour une seule journée d'accéder aux séances qu'ils souhaitaient, même s'ils faisaient 1h30 d'attente! C'est plus que décevant, et ce problème existe depuis au moins 3 ans...

En tout cas, la programmation nous a permis de découvrir des oeuvres viscérales, des daubes incroyables, du B qui tache et du Z qui se lache! C'es parti pour un tour d'horizon qui devrait s'étaler sur tout le mois de février et qui présentera 23 films. Les sorties cinéma et comics de février (Black Swan, 127 Heures, Deadpoooooool!) s'intercaleront entre ces billets gérômois! Enjoy!!!




Sortie le 20 avril


Le film d'ouverture de cette année participe directement à la compétition, et est la première partie de l'anthologie des Night Chronicles initiée par M. Night Shyamalan, qui verra des scénarii du réalisateur mis en scène par d'autres metteurs en scène. On commence donc par ce Devil réalisé par John Erick Dowdle, surtout connu pour le remake inutile du [REC] de Balaguero et Plaza. Autant dire qu'on attendait davantage d'implication dans un projet moins opportuniste, mais là encore, Dowdle doit sé débrouiller avec un scénario pas franchement emballant...


Pourtant, le concept de départ est alléchant sur le papier: 5 personnes se retrouvent enfermées dans un ascenseur, et une présence démoniaque ne tarde pas à se manifester. Comment vont-elle tenter de survivre? Pitch simpliste mais efficace, qui se doit de mettre l'accent sur la caractérisation des personnages, afin de capitaliser sur l'empathie et l'affection que l'on peut avoir pour eux. Mais la sauce ne prend pas, Brian Nelson poursuivant l'idée de Shyamalan sans donner d'envergure à ses personnages. On se retrouve donc face à des héros sans relief qui n'éviteront pas les poncifs... Le gars qui s'avère claustro, le comique lourdingue, le mec mystérieux... Shyamalan et Nelson nous sortent du réchauffé que Dowdle ne peut pas ranimer, malgré quelques idées de mise en scène réussies.



On a l'impression de se retrouver devant un épisode de La quatrième Dimension qui aurait été trop étiré et qui manquerait de substance. Le film possède quelques passage intéressants, grâce notamment à la relation comique entre les deux gardiens de l'immeuble, et à un aspect ludique quand à l'origine du mal. Mais le twist est éventé trop rapidement, et le manque d'ambition au niveau de l'écriture est trop prononcé pour que Devil puisse au moins être une petite série B sympa.

On retrouve les ingrédients habituels du cinéma de Shyamalan, avec une bonne dose de religion et de superstition, et des personnages qui confrontent leur foi dans un contexte extraordinaire. Cela donne d'ailleurs des séquences parfois drôles (volontairement?), notamment grâce à un des deux gardiens. Vous devriez entendre parler du coup de la tartine un peu partout...

Cette première incursion dans les Night Chronicles s'avère donc décevante, et l'on attend de voir les prochains opus de cette trilogie...


mardi 25 janvier 2011

LEFT BANK


Sorti en DVD le 19 janvier



Les films d'horreur à tendance dépressive, ça a toujours le mérite d'attirer les éloges, car ils possèdent un vernis psychologique qui fait souvent défaut à la production plus standard. Mais les films d'horreur à tendance dépressive, ça a souvent le don d'être chiant à mourir. Ce Left Bank tout droit venu de Belgique ne déroge pas à la règle, et se contente de tabler sur une vague atmosphère glauque pour donner l'illusion de la réussite. Pourtant, j'étais prévenu, puisque la jaquette mentionnait "Aussi important que Morse", film totalement surévalué et inintéressant au possible (il est beau, c'est sûr, mais ça s'arrête là quoi!).


Marie, jeune athlète timide, se voit contrainte de mettre sa carrière entre parenthèses quelques temps, suite à une blessure. Elle en profite alors pour aller vivre chez son petit ami qu'elle vient de rencontrer. Mais elle va rapidement se rendre compte que l'ambiance est pesante dans le quartier, et que les cauchemars qu'elle commence à faire ne sont que le début de ce qui va lui arriver...


La perte des repères, le basculement dans la peur, la dualité folie/horreur ont déjà été traités de manière bien plus intéressante, notamment dans le magistral Session 9 de Brad Anderson. Ici, la lenteur du traitement ne sert pas le propos, car même si le réalisateur Pieter Van Hees parvient à créer une petite ambiance, il ne se passe strictement rien d'intéressant pendant la totalité du film. Pire, les situations sont convenues, et la nature du mal est éventée au bout de la 1ère demi-heure. Left Bank n'a rien à offrir sinon une tapisserie certes belle, sombre et humide comme les longs corridors de l'immeuble, mais les personnages ne sont pas intéressants, et les situations non plus.

Ce Left Bank à la réputation flatteuse est encore une fois un film largement surfait, et une grosse déception.


samedi 22 janvier 2011

LE ROYAUME DE GA'HOOLE- LA LEGENDE DES GARDIENS


Sortie en DVD le 2 mars


Réputé pour ses partis-pris esthétiques novateurs ou pompeux selon le point de vue, Zack Snyder ne laisse en tout cas pas indifférent par son approche du cinéma. Si l'on ne peut ignorer son savoir-faire et sa maîtrise technique, on peut parfois douter de leur portée dramatique à une époque où le tout-clipesque est roi. Ainsi, son 300 fait davantage sourire que frémir, mais son Watchmen s'avère une interprétation parfaite de l'oeuvre d'Alan Moore. Lorsque la forme est travaillée avec autant de soin, elle ne doit pas omettre la qualité du récit, qui reste prioritaire.


Dans sa volonté inconsciente de suivre les traces de Robert Zemeckis, Zack Snyder se lance dans l'animation avec Le Royaume de Ga'Hoole- la Légende des Gardiens, 1er film adapté de la série de romans écrite par Kathryn Lasky, qui comprend pas moins de 15 tomes! Autant dire que le développement d'une franchise est bien sûr envisageable...


Les scénaristes John Orloff et Emil Stern s'attellent donc à l'écriture de ce récit initiatique qui voit Soren et Kludd embarqués dans une aventure où ils découvriront la nature du Bien et du Mal. Ce type d'histoire vu et revu fait référence au Seigneur des Anneaux avec la caractérisation des méchants, mais peut aussi se voir comme une allégorie sur la seconde guerre mondiale avec les Sang-purs qui cherchent à dominer le monde. Si ces thématiques universelles composent régulièrement une substance régulière au cinéma, le traitement apporté par Snyder n'est pas franchement emballant et ne parvient pas à faire ressortir l'aspect épique et crépusculaire du sujet.



L'identification avec des chouettes est tout d'abord très délicat, car même si l'animation est belle, les personnages n'offrent que peu de relief, ce qui est quand même indispensable pour la crédibilité du film. On suit donc ce récit avec un regard neutre, et cette lutte entre forces opposées reste finalement très anecdotique. Ensuite, les choix visuels de Snyder, faits de ralentis et de plans iconiques, ne fonctionnent pas non plus avec le sujet et les personnages. Voir une chouette revêtue d'un costume de guerrier au clair de lune, ça n'est pas plus captivant qu'un guerrier bodybuildé et huilé...

Le récit suit les étapes traditionnelles, avec l'incompréhension, la lutte fraternelle, la prise de conscience de ses possibilités et de ses devoirs... Mais tout a déja été vu ailleurs, ce qui fait qu'il n'y a rien à quoi s'accrocher dans ce film, malgré les efforts visuels du réalisateur, qui ne font que marquer davantage la linéarité vaine du scénario. Et au vu des premières images de Sucker Punch, Snyder semble bien motivé pour repousser les limites du raisonnable...

mardi 18 janvier 2011

DEADPOOL 100 % 1: IL FAUT SOIGNER LE SOLDAT WILSON




Sorti le 12 janvier


Le 1er 100 % consacré au Merc vient de sortir, et propose les 4 épisodes de la mini-série Wade Wilson's War, traduit chez nous par Il faut soigner le Soldat Wilson. Duane Swierczynski écrit le scénario, et Jason Pierson s'attelle au dessin. Swierczynski a fait ses armes chez Marvel sur Cable et Immortal Iron Fist, et s'est aussi intéressé au Punisher avec Six Heures à vivre. Pearson quant à lui est connu pour sa série Body Bags éditée chez Dark Horse, et il vient de rejoindre le giron de Marvel pour qui il a oeuvré sur Astonishing X-Men. 2 auteurs fraîchement débarqués qui prennent en main l'un des personnages les plus populaires du moment, ça donne quoi?




Le récit s'ouvre devant une commission spéciale chargée d'élucider le mystère planant autour du massacre de Sinaloa au Mexique, dans lequel Deadpool, présent à l'audience, serait impliqué. La violence de cette attaque a choqué le gouvernement et l'opinion publique, qui demandent des comptes à Wade Wilson. Ce dernier, réputé pour ses talents d'orateur, ne va pas manquer l'occasion qui lui est donné de s'exprimer, et il va le faire à sa manière habituelle, c'est-à-dire qu'il va être difficile pour le sénat de voir la différence entre vérité et mensonge dans tout ce qu'il va affirmer...


Deadpool va se lancer dans des flash-back successifs qui vont nous ramener au moment où lui et ses acolytes Bullseye, Domino et Silver Sable entament une mission périlleuse contre un cartel de drogue mexicain... Swierczynski et Pearson laissent vagabonder l'esprit fantasque et dérangé de Wade, et mettent en scène des situations absurdes et délirantes comme on a l'habitude d'en voir avec lui. La sauvagerie de l'attaque s'accompagne de vannes bien envoyées par Wade, qui se sent toujours à l'aise dans le sang et la sueur. Le parallèle avec la situation au sénat met en exergue le grain de folie très développé chez lui, et ses trips de danse et de déguisement s'avèrent plutôt bien tournés!

On a droit à un Dogpool avant l'heure, à un Bullseye toujours aussi déjanté, à un retour sur la période à l'Arme X... L'ensemble constitue une aventure sympathique, mais la fin s'avère décevante, et réduit la bonne humeur du récit, ce qui est bien dommage. Un premier 100 % sympathique mais qui cède à la gratuité... On attend la suite pour être plus solide!