lundi 8 novembre 2010

PUNISHER 17: BIENVENUE DANS LE BAYOU


Sorti le 20 octobre


Après la longue saga de Garth Ennis sur le Punisher, la collection Max, démarrée en 2004, prend fin aujourd’hui avec ces épisodes écrits par Victor Gischler qui prennent place dans un environnement qu’il connaît bien, lui qui est originaire de Louisiane. Après 75 numéros qui ont fait exploser toute la noirceur et la violence du personnage, cette longue série (publiée chez Panini en 17 volumes), se termine de la plus belle manière.
Bienvenue dans le Bayou bénéficie de la plume aiguisée et piquante de l’écrivain Victor Gischler, spécialisé dans le roman policier. La crédibilité des situations, l’excellente tenue de l’atmosphère et les touches d’humour macabre font de ce récit un must du genre. On se croirait dans une bonne vieille série B horrifique où Frank Castle viendrait jouer du fusil à pompe sur le territoire de Leatherface! Jouissif et gore, ce Bienvenue dans le Bayou place Franck dans une situation peu ordinaire, où il va être « secondé » par un personnage innatendu!
Gischler fait ressortir tout un panel de personnages du Sud bien profond et se fait un plaisir de les caractériser. Vivre dans la forêt en permanence, loin de toute civilisation, est souvent synonyme de retour en arrière… Castle va faire quelques découvertes bien gratinées, accompagné d’un style bourrin et nerveux très bien dosé par l’auteur. Et, cerise sur le gâteau, les dessins sont du génial Goran Parlov, qui s’y entend pour caler une ambiance en jouant sur les textures et les couleurs (On se rappelle sans problème ses excellents épisodes sur Barracuda!!!)!


Tout commence par la rencontre hasardeuse d’une bande de jeunes dans une station-service glauque et délabrée, et la fâcheuse impression que quelque chose ne tourne pas rond. Castle, qui doit se rendre à la Nouvelle-Orléans pour une mystérieuse mission, va accepter de prendre du retard pour essayer de comprendre de qui ne tourne pas rond chez les péquenauds du coin. De ce point de départ ultra-basique et connu des amateurs de films d’horreur, Gischler et Parlov vont tirer un récit prenant et jouissif dans lequel Castle va tenter de sortir des dangereux marais de Louisiane.


Entre Gregg Hurwitz et Victor Gischler, les aventures supplémentaires de la collection Max n’ont pas eu à rougir de la comparaison avec l’épopée d’Ennis. Et pour couronner le tout, on a droit dans l’épisode 75 à 5 courts mais excellents récits signés Tom Piccirilli, Hurwitz, Duane Swierczynski, Peter Milligan et Charlie Huston. Une bien belle manière de clôturer 5 années exceptionnelles pour un héros qui a trouvé son apogée dans cette collection.
Mais tout n’est pas fini pour le Punisher, puisque une nouvelle série, intitulée PunisherMax (la différence, c’est que c’est attaché!), a suivi et sera publié chez Panini en 2011. La bonne nouvelle, c’est que c’est Jason Aaron qui écrit; la mauvaise, c’est que c’est Steve Dillon qui dessine. A vous de choisir!



samedi 30 octobre 2010

IP MAN


Sorti en DVD le 5 octobre


Wilson Yip fait partie de la vague actuelle des cinéastes hong-kongais orientés vers l’action, et on lui doit des films comme Dragon Tiger Gate, SPL ou Flashpoint. Il ne se sépare plus de son acteur fétiche Donnie Yen, qui endosse ici la défroque de Ip Man, illustre maître adepte de la boxe wing shun. Le film se présente comme un biopic totalement inscrit dans la sombre Histoire que traverse la Chine dans les années 30 et 40. Mais si l’aspect biographique pouvait rebuter en faisant craindre un traitement trop lent, Wilson Yip livre en fait un métrage captivant aux antipodes des fresques historiques habituelles.

Il faut dire que la véracité biographique est loin d’être respectée, le scénario partant d’un personnage réel pour le glorifier en héros en prenant des libertés assez incroyables : la lutte d’Ip Man contre les envahisseurs japonais, qui est tout de même le centre du film, a été totalement inventée et ne correspond aucunement à une réalité historique ! Les biopics ont souvent tendance à enjoliver le trait, mais l’histoire racontée est ici carrément différente de la vie du maître !

Si l’on passe cet énorme « détail » et que l’on prend le film pour son aspect cinématographique, Wilson Yip nous convie alors à un spectacle de haute volée dans lequel l’art martial est magnifié par la virtuosité de sa caméra. Yip pose des cadrages de toute beauté qui permettent d’apprécier dans le moindre détail la rigueur et la précision du geste, dans une successions de plans qui n’a rien de gratuit. On est loin des bandes surdécoupées ou des films poseurs masquant leur vacuité par une fausse vitesse ou un écrin creux. Yip se concentre sur son sujet et le filme avec respect, ce qui est perceptible dès les premières images où l’on voit le fameux mannequin de bois si caractéristique des arts martiaux. Ip Man est totalement imprégné du respect de la culture martiale et véhicule une image noble de cet art, et n’oublie pas sous ce vernis historique une efficacité très palpable.

Nous sommes loin des films de Hong-Kong ennuyeux comme il en fleurissait beaucoup dans les années 80, et Wilson Yip parvient à rendre son sujet intéressant en y intégrant une bonne dose d’action et des notes d’humour surprenantes. Les combats démarrent par la touche amicale, et évoluent au fur et à mesure vers une violence exacerbée. Cette gradation va de pair avec l’évolution historique du pays, qui se retrouve sou le joug de l’armée japonaise. Maître Ip Man, qui partage des valeurs plutôt pacifistes, va devoir user de ses connaissances en y ajoutant de la rage, et le résultat à l’écran se traduit de manière radicale avec un Donnie Yen en superbe forme. Les combats dirigés par Kuang Hsiung et Sammo Hung sont d’une très grande précision et sont encore élevés dramatiquement par la mise en scène de Wilson Yip. Le combat de Ip Man contre 10 hommes par exemple est graphiquement magnifique, et la rage qui traverse cette scène est très bien rendue par la caméra de Yip et par la présence de Yen.


Autre fait remarquable du film, la qualité de la reconstitution de la Chine des années 30 et 40, qui est excellente. Le travail du directeur artistique Kenneth Mak est exemplaire et d’une grande précision jusque dans les moindres détails, qu’il s’agisse des décors de la ville, des objets ou des vêtements.

Le gros reproche que l’on peut faire à Ip Man est la totale irrévérence par rapport à la réalité de la vie du maître ; par contre, il s’agit d’une œuvre cinématographique remarquable qui tient une place de choix dans la tradition des films d’arts martiaux.


mardi 26 octobre 2010

LONG WEEKEND


Sorti en DVD le 19 octobre


Encore un remake, cette fois-ci d’un film méconnu des années 70 réalisé par Colin Eggleston, nommé lui aussi Long Weekend. 30 ans après l’original, c’est Jamie Blanks (Urban Legend, Mortelle St-Valentin) qui exhume cette histoire de vengeance de la nature face à la bêtise humaine. Il convie James Caviezel et Claudia Carvan pour ce week-end qui n’aura rien d’idyllique…

Si le principe d’un film d’horreur où le mal vient de la nature elle-même est intéressant, qui plus est doublé d’un message écologique fort, le résultat s’avère finalement loin d’être convaincant. Non pas que Jamie Blanks manque d’ambition, puisqu’il assure la mise en scène, le montage et le score, mais cette idée de peur ancestrale ne prendra à aucun moment une forme véritablement flippante. On se retrouve dans une veine d’angoisse à la Peter Weir, un côté très australien de l’horreur suggérée, mais qui n’est pas forcément la plus aboutie. On pourrait le rapprocher de La dernière Vague, qui sous ses airs de fable écologique n’était qu’un trip métaphysique vain. Pour Long Weekend, le résultat est tout aussi décevant.

Si le couple Caviezel-Carvan fonctionne bien dans un premier temps, les voir s’engueuler durant tout le film devient très vite gonflant. Surtout que ces bagarres incessantes sont l’essentiel du film, le reste de l’ "action" étant l’attaque d’un aigle ou un éléphant de mer qui se balade.C’est Everett De Roche, scénariste de l’original, qui signe le script de ce remake, et ce choix conserve la naïveté qui fonctionnait peut-être à l’époque mais qui s’avère aujourd’hui éculée. Long Weekend s’avère très avare en action, et son principe suggestif est finalement très limité.

Jamie Blanks nous offre des plans léchés et parvient à installer une ambiance tendue, mais voir des fourmis bouffer du sucre ou un serpent se planquer sous un plat ne suffit pas à rendre un film angoissant. Le problème, c’est qu’aucun élément ne parvient à faire durer la peur dans ce métrage, et chaque frémissement n’est qu’une annonce qui ne sera jamais creusée. Long Weekend reste donc un film aux promesses non tenues, et sous lequel on peut apercevoir par moments le potentiel inexploité…


samedi 23 octobre 2010

FREDDY– LES GRIFFES DE LA NUIT


Sortie en DVD le 20 octobre


Michael Bay continue de revisiter les classiques de l’horreur via sa boîte de prod Platinum Dunes, mais le moins que l’on puisse dire est que les résultats ne sont vraiment pas à la hauteur… Pour 1 Amityville réussi (merci Ryan Reynolds!), on recense 1 Massacre à la Tronçonneuse qui ne ravira que les fans de torture porn, 1 Vendredi 13 encore pire que les plus mauvais épisodes de la saga 80’s, ou encore ces Griffes de la Nuit tout simplement innofensives et inutiles.

Sous couvert de traiter des instincts pédophiles de Freddy Krueger, la classification R du film promettait une bande radicale et sans concessions, et l’apport de Jackie Earle Haley dans le rôle du mythique boogeyman brulé achevait de nous faire saliver quand à cette réactualisation du film culte de Wes Craven. Mais les choix du clippeur Samuel Bayer à la réalisation et de Wesley Strick (dont le plus grand fait d’armes remonte à 1989 et sa participation au script d’Arachnophobie) et Eric Heisserer au scénario s’avèrent regrettables, les 3 hommes ne parvenant à aucun moment à dynamiser cette nouvelle version, qui ne fait que singer son modèle tout en étant dénué d’une identité propre.

Ainsi, on retrouve des scènes classiques de la saga, comme le meurtre en lévitation ou le rêve dans la baignoire. Et là, on se dit qu’on est en droit d’attendre un traitement énergique de ce que l’on connaît déjà, mais on n’aura au final qu'une simple copie carbone qui ne redéfinira aucunement le statut du boogeyman. Pour comparaison, le travail accompli par Rob Zombie sur Halloween est totalement représentatif d’une relecture intelligente et profonde d’un mythe. Pour Freddy-Les Griffes de la Nuit, l’effet est inverse, et on ressent une forte envie de replonger dans le cauchemar de Craven, qui même s’il est un peu marqué par le temps, possède au moins le mérite d’être original et bénéficie d’une bonne ambiance rétro ! Et que dire du maquillage de Jackie Earle Haley, totalement informe et aux antipodes de la caractérisation si typique de celui de Robert Englund!

Le passé de clippeur de Bayer s’affiche clairement, et il nous gratifie d’images léchées et de jolis cadrages qui ne suffisent pas à implanter un climat délétère ni angoissant, et le film se regarde comme un paquet de pop-corn sans sel ni sucre, dans une indifférence totale. Le seul élément présentant une once d’intérêt est la participation de Thomas Dekker, qui jouera plus tard dans le déjanté Kaboom de Mr Araki. Bon, son personnage est comme les autres, c’est-à-dire beau, lisse et sans intérêt, mais quand même, ça occupe un peu pendant l’heure et demie du métrage…

Après Jason Voorhees, Michael Bay vient de tuer Freddy Krueger. C’est pas donné à tout le monde de mettre à terre des monstres, et il serait préférable qu’il se concentre davantage sur ses Autobots et ces Decepticons


lundi 18 octobre 2010

MARVEL ZOMBIES 6: LE RETOUR


Sorti le 13 octobre



La saga Marvel Zombies est un joyeux défouloir pour scénaristes et dessinateurs adeptes du gore, qui peuvent enfin se permettre de ravager l’univers Marvel en créant un climat apocalyptique suite à la transformation des justiciers en zombies affamés. Voir Spider-Man bouffer sa tante et l’envoyer (enfin !) ad patres est l’un des fantasmes qui devait couver depuis longtemps dans la Maison des Idées (ou ches certains lecteurs !), et l’orgie de tripaille et de chair décomposée auxquels nous convient les auteurs permet de renouveller un univers qui tend parfois à tourner en rond.

La publication des séries zombies est elle aussi un joyeux bordel : le premier tome nous fait découvrir un monde ravagé par la peste zombie, et des super-héros pourchassant les humains afin de se nourrir. Le Marvel Zombie 2 est en fait un crossover avec la série Army of Darkness, et les super-zombies sont confrontés à Ash et sa célèbre tronçonneuse. Le volume 3 contient la série Marvel Zombies 2, qui nous montre enfin comment tout a commencé. Le tome 4 dépeint l’arrivée des zombies sur la Terre-616, c’est-à-dire l’univers standard dans lequel évoluent tous les héros Marvel. Et le volume 5 contient Marvel Zombies 4, qui poursuivait la lutte sur la Terre-616 après que des zombies étaient parvenus à y rester.Aujourd’hui, ce volume 6 est la suite directe du 3ème tome, qui voyait les zombies téléportés dans une autre dimension. Et qu’est-ce qui a bien pu se passer là-bas ? Fred Van Lente, qui officiait déjà sur les deux derniers numéros, raconte ce périple morbide et sanglant !

Nous sommes cette fois-ci sur la Terre-Z, qui s’apparente à ce qu’était la Terre-616 dans les années 70. On retrouve un Spider-Man zombifié qui décide de trouver un antidote à la faim, et qui en profite pour tourner ses pulsions vers les super-vilains. Le premier épisode est réussi, nous replongeant dans l’ambiance nostalgique des premiers Spidey tout en la pervertissant radicalement. Une bonne mise en bouche !


Mais la suite est d’un tout autre acabit, les récits centrés chaque fois sur un autre personnage étant tout simplement répétitifs. On retrouve un Tony Stark période alcoolique qui ne parvient pas à assumer son rôle d’Iron Man face aux zombies, on refait la saga du retour de Hulk sur Terre après son bannissement par les Illuminatis, etc… Le scénariste se base sur des matériaux préexistants auquel il applique la recette de la propagation du virus, mais la sauce ne prend pas, l’action basique prenant le pas sur l’humour et les trouvailles scénaristiques. On assiste à un simple spectacle de démembrement et d’équarissage finalement très vain, dans lequel seule la version de Spidey s’avère intéressante.

Un numéro terne qui j’espère n’est pas synonyme de déclin pour cette série qui ravivait de manière très originale le mythe des super-héros !


mercredi 13 octobre 2010

PRINCE OF PERSIA : LES SABLES DU TEMPS


Sorti en DVD le 29 septembre 2010

Vu les qualités plus que médiocres des adaptations de jeux vidéo qui fleurissent au cinéma (je ne peux pas parler de Super Mario Bros, je ne l’ai toujours pas vu !), ce Prince of Persia semblait suivre la même voie que les Resident evil, Alone in the Dark et autre Silent Hill. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je constatais que le récit était intéressant, et que les personnages s’avéraient finalement drôles et attachants! Comme quoi, parfois les bande-annonces sont trompeuses, et cette fois-ci dans le bon sens !

Loin des aberrations scénaristiques et des actions qui vont à l’encontre de toute crédibilité que l’on trouve généralement dans ce type d’adaptations, Prince of Persia : les Sables du Temps prend le temps de poser des personnalités fortes et de développer un récit simple (et non simpliste) qui fait se cotoyer l’âme guerrière et la magie. On retrouve un peu de l’esprit d’un Seigneur des Anneaux au niveau des thématiques, avec la dague qui remplacerait l’Anneau unique, et les Hassasins à la place des chevaliers de Morgul. Mais le tout est mené avec soin et dans le respect d’une mythologie qui est déjà préexistante, le film se basant intelligemment sur le jeu au lieu de trop s’en éloigner (qu’est-ce qu’ils ont foutu avec le manoir de Resident evil bordel?).

Encore plus surprenant, les références à la situation économique et géopolitique des Etats-Unis, avec le personnage du Sheik Amar (excellent Alfred Molina !) bien décidé à ne pas payer d’impôts, et la recherche d’armes infructueuse dans une ville… Le scénario signé Jordan Mechner (scénariste du jeu originel), Boaz Yakin (scénariste de la seule vraie adaptation du Punisher, celle avec Dolph donc), Doug Miro et Carlo Bernard donne un souffle épique à cette aventure, qui sans être follement originale, se permet tout de même d’être un divertissement solide. Les quatres scénaristes ont su intégrer les ingrédients qui manquaient par exemple au Choc des Titans et qui l’empêchait de convaincre malgré un casting et des personnages intéressants.

Le choix de Jake Gyllenhaal dans le rôle principal est un atout majeur, car il lui donne une crédibilité teintée d’auto-dérision plutôt rafraichissante pour ce genre de production. Il ne se permet pas les folles exagérations de Johnny Depp dans la saga Pirates des Caraïbes également produite par Jerry Bruckheimer (et qui constitue le seul intérêt de ces films), mais campe un jeune homme combattif et malin qui va tout faire pour être disculpé d’un meurtre. La belle Gemma Arterton (habituée des grosses productions, puisque déjà présente dans Le Choc des Titans et pressentie pour le rôle principal des préquelles d’Alien) joue une princesse dont la cité a été envahie et qui devra fuir avec le prince déchu. L’une des qualités de cette relation est de faire de cette cavale une sorte de buddy movie tout en le saupoudrant d’une pincée de romance teintée d’humour, ce qui s’avère très efficace.

Prince of Persia allie aventure et combats dans un style vif et moderne, grâce notamment à des scènes de Parkour chorégraphiées par le pionnier de la discipline, le Français David Belle. Le style très Assassin’s Creed que revêt le Prince de Perse n’est pas innocent, puisque Jordan Mechner est également le scénariste des jeux sur le fameux tueur. La mise en scène de Mike Newell (Harry Potter et la Coupe de Feu) donne une grande lisibilité aux scènes d’action, et mis à part quelques sacrifices à l’actioner décérébré (la fameuse scène de destruction massive visible dans la bande-annonce qui est vraiment superflue), Prince of Persia s’avère un film à grand spectacle qui mise davantage sur son ambiance mystérieuse que sur ses effets numériques, et ça, c’est assez remarquable pour être signalé.


dimanche 10 octobre 2010

MACGRUBER



Inédit




Apparu pour la première fois en janvier 2007, le personnage de MacGruber est le héros d’une dizaine de sketches créés pour le Saturday Night Live par Jorma Taccone, qui écrit et met en scène les aventures de ce clone de MacGyver. Le comédien Will Forte prête son mulet au héros, et il co-écrit les scénarios avec Taccone et John Solomon.


Jorma Taccone (le frangin de Rod dans le cultissime Hot Rod !) réalise tout naturellement le long métrage dédié à son personnage, et en profite pour mettre en scène son premier film. Son expérience au Saturday Night Live et la dimension familiale du projet lui permettent de mettre sur pied un film fun et décontracté dans lequel Will Forte prend beaucoup de plaisir ! MacGruber est une parodie qui apporte son lot de scènes délirantes et qui tient la longueur, ce qui n’est pas évident pour un film basé sur des sketches (qui a dit Brice ?).

Après avoir pris sa retraite dans un monastère équatorien, MacGruber accepte de reprendre du service afin de mettre hors d’état de nuire Couille , son ennemi juré. Il va mettre sur pied une équipe de choc et va se lancer aux trousses de celui qui a eu le culot de tuer sa femme. C’est Val Kilmer qui prête ses attributs au bad guy, et il s’amuse comme un petit fou à rendre dingue ce fêlé de MacGruber. La bande de Mac est composée de pointures, et les fans de catch devraient apprécier (ou pas !)…

MacGruber s’avère être une parodie réussie, bénéficiant d’une mise en scène solide, et véhiculant un humour qui tape sous la ceinture mais qui est communicatif. Evidemment on n’atteint pas les cîmes d’un Hot Rod, mais le premier film de Taccone est sympathique et contient quelques scènes cultes et des répliques cinglantes à souhait. Will Forte nous offre des tactiques de diversion bien personnelles, des scènes de sexe hilarantes, et s’avère bien plus drôle que son modèle MacGyver ! Par contre niveau bricolage, c’est pas vraiment ça… La bande-son rend bien hommage à la période de gloire de Richard Dean Anderson, et Taccone s’amuse beaucoup avec l’autoradio de MacGruber !

MacGruber bénéficie aussi de la présence de Powers Boothe dans le rôle du Colonel, et de Ryan Philippe dans celui du souffre-douleur de MacGruber. Jorma Taccone a réussi sa transposition sur grand écran, et MacGruber a vraiment la classe 90’s…