mardi 8 février 2011

GERARDMER 2011, 8EME SEANCE: THE DEAD OUTSIDE

Sorti en DVD le 2 février


On attaque la 2ème journée avec The Dead outside. Une jolie affiche, un titre accrocheur, et au final un film d'infectés (ou de zombies, on sait pas trop et on s'en fout) totalement inintéressant, à l'action mollassonne et aux personnages déprimants. Kerry Anne Mullaney réalise son premier long, et nous sert un mélange de drame intimiste rural et d'horreur, sauf que les scènes censées être flippantes sont filmées dans un style parkinsonien exacerbé. L'action est illisible, les infectés sont ridicules, et les personnages sont d'un ennui profond.

Le début du film fait pourtant illusion, avec cette approche réaliste pas forcément inintéressante, même si le procédé reste relativement convenu. Mais la répétition des séquences, l'incommunicabilité entre les deux personnages principaux, et l'ambiance dépressive de l'ensemble, annihilent tout intérêt. On se retrouve devant un film creux, dénué de rythme, dépouillé de toute aura fantastique et de la moindre tension dramatique.

Quand Romero va à la campagne, ça donne un Survival of the Dead sympathique; et quand Billy O'Brien fait de l'horreur rurale, ça donne un Isolation à l'ambiance horrifique bien mieux travaillée.
The Dead outside veut s'immiscer dans un territoire déjà traversé par d'autres, mais ne possède pas la force nécessaire pour fonctionner. Un ratage total...

lundi 7 février 2011

GERARDMER 2011, 7EME SEANCE: EN QUARANTAINE 2


Inédit


Une suite au remake de [REC], mais qui n'est pas un remake de [REC 2], ça vous tente? John Pogue l'a fait, en écrivant et réalisant un film basique qui ne s'encombre pas de réalisme, mais qui propose un récit bourrin bien mené. En déplaçant le problème du virus dans un avion (seulement pour 15 minutes!) et dans un terminal d'aéroport, John Pogue, qui avait écrit US Marshals, The Skulls- Société secrète ou encore Le Vaisseau de l'Angoisse, donne une petite bouffée d'air à la saga (puisque c'en est une, finalement!) après un premier volet inutile.

Son film mise sur une efficacité frontale grâce à des infectés motivés, dont un premier king size qui vaut le détour. Construit comme une série B, voire Z, classique, En Quarantaine 2 ne fait pas dans la finesse, mais déroule un récit linéaire basé sur la simple survie du plus grand nombre.


Jenny, jeune hôtesse de l'air, va devoir gérer l'infection qui se déclare en plein vol, et va être enfermée dans un terminal avec d'autres passagers. Comme dans le 1er film (et dans l'original), le bâtiment se retrouve scellé et les personnes à l'intérieur menacées de mort si elles tentent de franchir le périmètre, les autorités craignant que le virus soit le même que celui ayant ravagé l'immeuble du premier opus. Les survivants vont devoir lutter entre eux, gérer la panique et échapper aux contaminés, qui oublient toute notion d'humanité pour assouvir leurs instincts de carnage.

En Quarantaine 2 ne fera pas date dans l'histoire du cinéma, mais John Pogue se débrouille pour nous offrir une série B efficace, traversée par quelques moments de tension et quelques scènes gores sympathiques.

dimanche 6 février 2011

GERARDMER 2011, 6EME SEANCE: MIRAGES


Inédit


Toujours en compétition, Mirages est un 1er film marocain du réalisateur Talal Selhami, dont le titre passe-partout cache un pitch plutôt accrocheur: 5 personnes désireuses d'entrer dans la société Matsuika vont devoir passer un test dans un endroit inconnu. Pour cela, elles prennent place dans un bus sans vitres, et vont se retrouver en plein désert après un accident, alors que le chauffeur a mystérieusement disparu...

Si le film de genre marocain n'avait jusqu'alors pas traversé la Méditerranée, on peut comprendre pourquoi au vu de l'aspect très télévisuel du début, qui ressemble à s'y méprendre à une sitcom sans ambition. Heureusement, l'image s'améliore par la suite, grâce aux immensités désertiques où se déroule l'action, mais l'aspect théâtral reste très ancré, et se ressent trop dans le jeu des acteurs.

Mirages est une promesse de fantastique maladroite qui ne parvient pas à trouver sa personnalité et qui singe à plusieurs reprises le cinéma américain. Le plan de l'araignée sur sa toile avec à l'arrière le groupe qui progresse dans le désert renvoie par exemple au plan de La Colline a des Yeux avec son lézard sur le rocher, plan hyper-classique du cinéma d'horreur, mais dénué de toute substance dans Mirages.
Le film de Talal Selhami tourne en roue libre, et repose beaucoup sur ses acteurs, dont Karim Saidi qui connaît bien le désert depuis Djinns. Long et poussif, Mirages s'encombre en plus d'une trame fantastique qui ne fonctionne pas, mais c'est difficile d'en parler sans spoiler. Disons que les mirages n'ont pas le même impact sur tous les protagonistes, et que certains sont privilégiés...

samedi 5 février 2011

GERARDMER 2011, 5EME SEANCE: DREAM HOME


Sortie en DVD le 5 avril



On revient à la compétition officielle avec Dream Home, 9ème film du cinéaste hong-kongais Ho-Cheung Pang, qui nous offre un film certes bancal mais traversé de fulgurances sanglantes hallucinantes! Cheng Lai-Sheung est une jeune femme qui a toujours voulu posséder un appartement avec vue sur la mer à Hong Kong. Mais la situation immobilière est en pleine crise, et les prix des logements sont exorbitants, et elle devra recourir à d'autres moyens pour concrétiser son rêve d'enfance...


Si elle est nécessaire à la mise en place de l'intrigue, la toile sociale est tout simplement plombante. Les difficultés de Cheng pour réunir les fonds, les flashback sur son enfance pas toujours facile, cela fleure bon le film social avec un maximum de lieux communs. Mais Ho-Cheung Pang va proprement dynamiter tout cela dans les scènes de meurtres qu'il propose, grâce à une inventitité rarement égalée et une mise en scène très inspirée. La torpeur des séquences sociales est alors contrebalancée par une violence frontale hors du commun, qui nous gratifie de meurtres gores d'une beauté graphique indéniable. Il n'y a qu'à voir comment est utilisé un aspirateur pour se rendre compte de l'originalité du propos...


Pang s'immisce donc dans la fameuse Catégorie III, zone de permissivité chère à Hong-Kong et qui correspond grossièrement à une interdiction aux moins de 16 ans. Les oeuvres qui y entrent se dédouanent de toute censure, et les metteurs en scène peuvent laisser libre cours à toutes leur inspiration et/ou déviance, les résultats étant souvent extrêmes.

Mais Dream Home s'avère au final un film frustrant, car la dualité entre ses deux ambiances crée un déséquilibre; les scènes de meurtres en ressortent d'autant plus fortement, mais il est dommage qu'elles soient noyées dans cet aspect social trop soporifique. La narration oscille entre présent et passé, et la structure éclatée du récit correspond parfaitement à l'esprit perturbé de Cheng. La scène centrale, que l'on découvre par petits bouts, est un modèle de violence jouissive traversée par un humour inattendu, qui en fait l'un des plus beaux morceaux de bravoure visuels que l'on ait pu découvrir dans un film gore.

vendredi 4 février 2011

GERARDMER 2011, 4EME SEANCE: HEARTLESS


Inédit



2 ans déjà que ce film anglais a été produit, et il concourt donc logiquement dans la catégorie Inédits Vidéo. Connu pour son Darkly Noon avec Viggo Mortensen et Ashley Judd, Philip Ridley revient au cinéma après un silence de 14 ans, et nous convie à une virée dans les bas-fonds londoniens peuplés de créatures démoniaques.

Egalement auteur du scénario, Ridley met en scène Jamie Morgan, jeune homme introverti doté d'une tache de naissance qui lui dévore la moitié du visage. Adepte de la photographie, il va découvrir une réalité terrifiante dans les rues nocturnes, et sera confronté à des ennemis aussi mystérieux que dangereux. Sur le papier, le programme est sacrément alléchant avec sa touche mystique et cette vision du Mal à l'état pur. L'entame du film, avec sa mise en scène stylisée, est plutôt engageante. Le travail sur la lumière et les cadrages collent parfaitement aux obsessions visuelles de Jamie, et l'on est se dit que l'on va entrer progressivement dans une histoire captivante.


Mais le réalisateur cède peu à peu du terrain, et son récit s'encombre de stéréotypes et de lieux communs qui dénaturent la mise en place de départ. Cela se fait sentir dès les premières scènes où la musique devient trop importante, et qui semblent n'être q'un moyen d'officialiser une BO. On voit Jamie errer dans les rues à la manière d'un clip, sans que cela ait une incidence ou la moindre portée dramatique sur le récit. Cet aspect superficiel est évident, et marque la bifurcation du métrage vers des territoires redondants...


Le gros problème du film est son traitement de l'explication démoniaque, en mettant en scène un personnage terriblement ridicule qui va plomber la crédibilité du récit. Dès lors, les promesses de départ restent caduques, et l'on assiste à un propos pesant qui trouve une résolution peu convaincante. La partie bluette n'est pas pour arranger les choses, même si l'on retrouve avec plaisir Clémence Poésy, qui depuis Harry Potter et la Coupe de Feu, poursuit une carrière internationale, puisqu'elle a participé au 127 Heures de Danny Boyle.
Heartless se perd finalement dans des méandres faustiens sans intérêt et sans surprise, et c'est bien dommage après un début prometteur...

jeudi 3 février 2011

GERARDMER 2011, 3EME SEANCE: THE UNFORGIVING


Inédit



Pour son premier film, le Sud-Africain Alastair Orr cumule les casquettes de monteur, producteur, scénariste et réalisateur, pour nous livrer une oeuvre fonctionnant sur le mode du flash-back et sur le principe du twist, ce qui est très à la mode depuis le premier Saw.

Un homme et une femme ont été retrouvés en pleine campagne sud-africaine, et sont les seuls survivants d'un massacre. Au fil des interrogatoires auxquels ils sont conviés, on revient sur la scène de crime et on découvre progressivement la nature des événements. Cette narration éclatée s'avère volontairement confuse, et oblige le spectateur à bien suivre les événements afin de rassembler les morceaux de ce puzzle morbide.


Alastair Orr cède aussi à la mode de la shaky cam, procédé finalement pas gratuit qui souligne la tension des protagonistes et offre une approche plus réaliste. Son montage alterne souvent les gros plans avec des inserts, comme pour coller au plus près des personnages tout en restant dans une certaine urgence. La photographie lumineuse de Craig Maarschalk parvient paradoxalement à donner une consistance froide aux décors ensoleillés, grâce au décalage entre l'action et le lieu.
L'aspect ludique du métrage consiste bien sûr à essayer de déterminer le cours des événements, et le scénario d'Alastair Orr s'avère bien ficelé, malgré quelques cheveux trop tirés. L'apparence du tueur colle vraiment bien avec l'affiche du festival, puisqu'il revêt un masque à gaz du plus bel effet!

The Unforgiving, qui était sélectionné dans la catégorie Inédits Vidéo, est donc efficace, grâce à une violence réaliste et une ambiance tendue, ce qui est plutôt bien pour un coup d'essai!

mercredi 2 février 2011

GERARDMER 2011, 2EME SEANCE: ULTIMATE PATROL


Sortie en DVD le 1er mars



9 ans après le carton du Projet Blair Witch qu'il co-réalisait avec Eduardo Sanchez, Daniel Myrick poursuit son aventure cinématographique de manière plus confidentielle, puisque ses films sont exclusivement destinés au marché de la vidéo. Ultimate Patrol (qui concourt dans la catégorie Inédits Vidéo) est son 4ème film après Blair Witch, et prouve une fois encore, après un Solstice réussi, qu'il y a bien une vie après la vilaine sorcière. Evidemment, ces productions ne prétendent pas au même impact, mais constituent des bandes solides et agréables.


Dans Ultimate Patrol (The Objective en VO), on suit un groupe des Forces spéciales envoyé en Afghanistan pour enquêter sur des événements inexpliqués. Myrick s'occupe également du scénario, avec l'aide de Wesley Clark, et aussi Mark A. Patton, qui avait déja oeuvré avec le réalisateur sur The Strand. Ils créent un groupe aux personnalités bien caractérisées, qu'ils vont baigner dans une atmosphère étrange plutôt bien travaillée. La beauté des paysages marocains se substitue à l'environnement afghan dans lequel se déroule le film, et Daniel Myrick crée un climat de tension sourde qu'il intègre dans une mise en scène contemplative. Le résultat est un film de guerre réaliste sur lequel va se greffer un élément fantastique, ce qui n'est pas sans évoquer le Djinns de Sandra et Hugues Martin, qui parvenait lui aussi à un équilibre réussi entre chronique de guerre, beauté des cadres et événements inexpliqués.


La progression des soldats va se faire à travers leurs rencontres, amicales ou violentes, pour déboucher sur un final que n'aurait pas renié Chris Carter.
Daniel Myrick appose encore quelques touches à la Blair Witch, avec des structures qui rappellent évidemment les personnages en brindilles de son premier film; mais il ne les utilise pas gratuitement, et elles participent pleinement à la beauté étrange de ce récit. Si Myrick ne parvient pas à recréer la peur viscérale, il parvient à donner corps à un film d'ambiance réussi.