dimanche 16 janvier 2011

IP MAN 3


Inédit




La saga Ip Man s'achève avec une préquelle montrant les jeunes années du maître, lorsqu'il découvre le Wing Chun. Donnie Yen cède donc sa place au jeune Dennis To, dont la ressemblance physique et la maîtrise des arts martiaux permet une certaine continuité. Le principe de la préquelle permet souvent de redonner du souffle à une saga qui s'épuise, ce qui s'avérait nécessaire après un second volet décevant.


Mais Ip Man 3 s'avère encore moins intéressant que le précédent, la faute à un scénario privilégiant les contrariétés d'un triangle amoureux, au détriment des scènes de combats. Mis à part 2 séquences d'action, il n'y a donc pas grand-chose à se mettre sous la dent... Pourtant, Dennis To nous offre une séquence plutôt physique au début du film, prouvant ses capacités qui auraient pu être davantage mises en valeur.

Sinon, on retrouve avec plaisir Sammo Hung et Siu-Wong Fan, qui auront réussi à traverser l'intégralité de la saga, grâce à des rôles différents! Mais l'angle d'attaque du film est trop gentillet pour convaincre, et le romantisme qui tente de prendre sa place dans cet univers ne fonctionne pas. On est pas chez Tsui Hark, et Ip Man 3 n'est pas The Lovers...


Wilson Yip cède sa place à Herman Yau, qui a l'habitude de torcher 3-4 films par an (en même temps c'est le rythme de croisière à Hong-Kong), mais dont la notoriété n'a pas traversé les frontières. Sa mise en scène ne possède pas le même impact que celle d'Yip, et combinée à un scénario faible, il ne reste plus vraiment de quoi s'enthousiasmer... Ip Man 3 clôt donc cette saga dont seul le premier film se démarque, par sa mise en scène brillante, son récit captivant (même si très manichéen), et un Donnie Yen époustouflant. Peut-être un 4ème volet qui raconterait enfin l'apprentissage de Bruce Lee par Ip Man?

jeudi 13 janvier 2011

GERARDMER 2011: LA PROGRAMMATION



C'est dans 13 petits jours exactement que notre bande se mettra en route vers les contrées géromoises afin de profiter pleinement d'une 18ème édition du film fantastique qui s'annonce vraiment prometteuse!!! Mother Firefly, Reb Brown, Yorick faut-encore-qu-on-lui-trouve-un-nom, Lionel Luthor et moi-même sommes déjà bien excités à l'idée de retrouver toute cette neige et ce sang qui nous ont tant manqué depuis 1 an!!!

Si l'on sait depuis quelques temps que Dario Argento présiderait le jury, on apprend aujourd'hui qu'Alexandre Aja sera également de la partie, ce qui est une excellente nouvelle!!! Le reste du casting s'avère sympathique, avec Maurice Barthélémy, Anne Caillon, Fred Cavayé, Nicolas Cazalé, Clovis Cornillac, Lucile Hadzihalilovic, Serge Hazanavicius et Sophie Quinton.


On commence par les inédits vidéos, qui nous permettent souvent de découvrir des bandes bien intéressantes (on pense forcément à Cold Prey 1 et 2), et qui voient 6 films en compétitions: Heartless (Philip Ridley) et ses démons londoniens; Terreur (Anthony DIbiasi), qui n'est autre que le Dread ayant une bonne réputation; The Dead outside (Kerry Anne Mullaney) et sa sympathique épidémie; le Sud-Africain The Unforgiving (Alastair Orr); le Triangle de Christopher Smith, qui n'en finit plus d'écumer les festivals (dommage que son Black Death soit absent!), et Ultimate Patrol de Daniel Myrick (co-réalisateur du magnifique Projet Blair Witch), qui présentera une unité des forces spéciales envoyée en Afghanistan et qui devra faire face à des forces maléfiques.


Après ce programme déjà sacrément engageant, on passe à la sélection hors compétition, qui ne déroge pas à la règle de l'unique séance pour les enfants avec Aladin et la Lampe merveilleuse de Jean Image; ni à celle des séances documentaires avec American Grindhouse d'Elijah Drenner et Machete Maidens unleashed! de Mark Hartley qui s'attarde sur le cinéma de genre philippin des 70's; Cold Prey 3 (Mikkel Braenne Sandemose) qui reviendra sur les origines du sympathique boogeyman norvégien!!!; L'Empire des Ombres de Brad Anderson (l'énorme Session 9!), plus connu sous son titre original Vanishing on 7th Street, et qui promet d'être sacrément flippant avec ses rues de Détroit plongées dans le noir!!! ; En Quarantaine 2 (!) de John Pogue: ils l'ont fait, après le remake de REC, voici REC dans l'avion!!! Bon, ça nous changera des serpents, et ça aura au moins le mérite de s'éloigner du copier-coller... Hybrid d'Eric Valette, sa variation de Christine que l'on pourra enfin découvrir! Proie d'Antoine Bloissier, qui nous plonge dans la campagne française et ses dangers; Prowl de Patrik Syversen, qui j'espère sera plus intéressant que le pétard mouillé Manhunt; Rare Exports: un Conte de Noël de Jalmari Helander, LE film nordique déjanté avec ses chasseurs de Père Noël!!! ; et The Hunters du Français Chris Briant.



La compétition maintenant, avec 3 films coréens: Bedevilled (Jang Cheol-Soo), Dream Home (Pang Ho-Cheung) et J'ai rencontré le Diable de Kim Jee-Woon (c'est Mother Firefly qui va passer de bonnes séances!!! ); Devil, l'ascenseur maudit de John Erick Dowdle; Mirages (Talal Selhami) et ses candidats lachés dans le désert; Ne nous jugez pas (Jorge Michel Grau) et ses cannibales mexicains; The Silent House (Gustavo Hernandez), le plan-séquence urugayen; The loved Ones (Sean Byrne), la love story morbide auréolée d'une sacrée réputation; et enfin Troll d'André Ovredal, qui nous fera découvrir des... trolls, et oui! Ca se passe en Norvège, donc ce sera bon!!!




Ajoutez à cela des rétrospectives, des courts métrages et des soirées spéciales, ainsi que des animations (donc Loïc Bugnon et les membres du Bloody Weekend!), et cette 18ème édition devrait laisser des marques!!! En tout cas, on y sera, et les comptes-rendus devraient affluer en février! J'ai hâte j'ai hâte j'ai hâte!!!!!!!


lundi 10 janvier 2011

IP MAN 2


Inédit


Après le succès d'Ip Man, Wilson Yip et Donnie Yen rempilent pour une suite qui voit le fameux maître essayer de monter son école de Wing Chun, se confrontant aux maîtres locaux et aux rivalités occidentales. Ip Man premier du nom avait créé la surprise, avec un Donnie Yen au sommet de son art et une mise en scène magnifique de Wilson Yip. Cette suite se veut une continuité tant dans la forme que dans l'esprit, et l'on se retrouve donc en terrain connu avec des personnages récurrents et des situations similaires.


Mais la magie qui opérait dans le premier film est malheureusement absente d'Ip Man 2, qui masque ses faiblesses scénaristiques sous l'apparat que parvient à nous concocter Wilson Yip. La mise en scène est belle, même si elle n'atteint pas les sommets dramatiques du premier volet. Mais surtout, la réappropriation de l'Histoire et le manichéisme déjà présent dans Ip Man atteignent ici des degrés vertigineux. La lutte entre Hong-Kong et les Britanniques atteint son point culminant dans un match opposant les arts martiaux à la boxe, sombrant dans le ridicule... Le boxeur anglais, surnommée la Tornade, est une caricature ultime, tout comme ses managers et la police britannique... Dès lors, la droiture et l'honneur des Chinois ne sont plus aussi valeureux face à ces adversaires ridicules. Le personnage même d'Ip Man, pourtant interprété avec la même prestance par Donnie Yen, perd de sa superbe, et se banalise jusqu'à devenir une simple figure du Bien, elle aussi caricaturale...

Ip Man 2 possède pourtant quelques passages intéressants, notamment les premiers combats que livre Ip pour recruter des élèves, dans lesquels Yen met tout son savoir-faire et rend honneur aux chorégraphies de Sammo Hung (qui en profite pour s'octroyer au passage le rôle d'un des maîtres). Wilson Yip filme avec vivacité et fluidité ce Wing Chun, qui va devoir se faire sa place parmi les autres arts martiaux locaux... Et c'est lors du combat contre les autres maîtres que l'on sent la pente descendante, puisque le réalisme est tout simplement laissé de côté pour préférer une action disgracieuse et des scènes avec câbles... Tout l'impact du premier Ip Man anéanti en une scène, et malheureusement, la suite ne parviendra pas à rehausser le niveau, malgré quelques passages sympathiques...

Ip Man 2 respecte donc le schéma que proposait le premier film, mais s'inscrit comme une suite très amoindrie, la beauté et la richesse du premier n'étant ici que des promesses non abouties...

samedi 8 janvier 2011

LE DERNIER EXORCISME


Sorti en DVD le 18 février


L'exorcisme est un exercice périlleux, surtout depuis le séminal L'Exorciste de William Friedkin, auquel on ne manque jamais de comparer les oeuvres postérieures sur le même sujet. Ces dernières années, seule une poignée de films axée sur cette pratique religieuse aura vu le jour, parmi lesquels American Haunting ou L'Exorcisme d'Emily Rose. Avec Le dernier Exorcisme, Daniel Stamm, dont il s'agit du second film après A necessary Death, nous replonge dans les affres d'une possession démoniaque, en utilisant un procédé très en vogue depuis une dizaine d'années maintenant, le faux documentaire.

Le révérend Cotton Marcus avoue avoir perdu foi en Dieu, et il compte bien utiliser une caméra afin de démystifier la nature même de l'exorcisme. Pour cela, il va être suivi par deux reporters qui vont filmer son intervention auprès de la famille Sweetzer, dont la fille Nell semble avoir tous les symptômes d'une possession. Cotton tient à prouver que ces cas relèvent davantage de la psychiatrie que de la possession démoniaque. Mais quand il se rend dans la ferme isolée où vit la famille, il va se retrouver confronté à un cas bien plus difficile à traiter qu'il ne le pensait...


Si l'effet Blair Witch n'est pas novateur, son utilisation dans le film d'exorcisme s'avère intéressante, en ajoutant une touche d'authenticité qui fonctionne bien. Le sujet est certes classique et ne se démarque pas des autres films de la même catégorie, mais le choix du réalisme s'avère plutôt ludique.
Patrick Fabian, un acteur échappé du petit écran (il a notamment joué dans la série Big Love), joue le rôle du révérend Marcus en mettant en avant sa volonté de dénoncer les supercheries de l'Eglise. Il rend justice au scénario d'Huck Botko et Andrew Gurland qui traite intelligemment de la Foi et de l'aspect psychologique du problème. Si cette lutte entre croyance et cartésianisme n'est elle non plus pas novatrice (après tout, Mulder et Scully ne représentent-ils pas cette éternelle dualité?), elle est présentée avec assez de recul pour fonctionner.

Ashley Bell, elle aussi issue du petit écran, campe Nell, la jeune possédée. Ce personnage difficile est traité avec nuance par la jeune femme, qui parvient à passer de la naïveté à l'angoisse de manière très naturelle, et qui arrive à rendre crédible la différence de potentiel du personnage. Le naturel très bucolique de Nell se métamorphose rapidement en sentiment de haine viscérale, donnant vie à un personnage inquiétant et dangereux.
La volonté de désacralisation de l'exorcisme ainsi que l'envie de démontrer la nature psychologique des perturbations permet au film de développer un certain suspense, qui va de pair avec le suspense déjà créé par la possédée elle-même. On peut regretter une fin convenue et trop explicative, car la progression du métrage joue plutôt bien sur l'absence de certitude quand à la l'origine des faits. En l'état, Le dernier Exorcisme s'avère réussi, sans pour autant que l'on puisse le qualifier de grand film. Il reste au niveau des oeuvres standards du genre réaliste apparues dernièrement, comme le décrié Paranormal Activity ou Phénomènes paranormaux. Un petit film sympathique en somme, qui ne révolutionnera pas le genre, mais qui reste cependant efficace.

mercredi 5 janvier 2011

DJINNS


Sorti en DVD le 4 janvier



Petit film de genre français passé plutôt inaperçu, Djinns est le baptême du feu pour le couple Hugues et Sandra Martin, auteurs et réalisateurs de ce drame militaire teinté de fantastique. En effet, les époux ont décidé de se réapproprier la guerre d'Algérie en y mêlant des éléments surnaturels locaux, les fameux djinns, esprits errants venus inquiéter une poignée de soldats français traversant le désert pour ramener une mystérieuse malette.

Si l'élément fantastique est bien présent dans le film, Djinns se veut avant tout un film de guerre, et de ce point de vue, les qualités narratives et de reconstitution sont bien présentes. Le film présente une unité de combattants avec leurs traits personnels et en les plaçant sur un terrain désertique avec un soin de mise en scène bienvenue. La beauté des immensités de sable et la rudesse des situations sont mises en valeur par la caméra des Martin, qui en profitent pour faire filmer un des protagonistes sans pour autant que cela s'avère gratuit. Djinns pose donc une ambiance tendue et réaliste de la manière la plus sincère possible, et l'épure de la mise en scène cadre avec l'âpreté des séquences.


Le film nous plonge dans la tourmente de l'Algérie en proposant une vision des deux camps, et même lors de scènes tragiques, les réalisateurs se gardent de tout jugement moral. La tension est palpable lors des affrontements, notamment lors de l'entrée dans la ville. C'est dans ces moments-là que l'on peut trouver le jeu de Thierry Frémont trop théâtral, mais le reste du casting s'avère efficace. De Grégoire Leprince-Ringuet à Aurélien Wiik, en passant par Saïd Taghmaoui ou Stéphane Debac, ils proposent un jeu très réaliste collant bien aux ambitions du film. La bonne surprise vient de Cyril Raffaelli, le pro du Parkour, qui est enfin utilisé en tant qu'acteur à part entière et qui s'en sort plutôt bien, ça fait plaisir à voir!

Djinns est une tentative de fantastique hexagonal qui fonctionne, ce qui n'est pas toujours évident... Les réalisateurs parviennent à conserver un récit crédible et une réelle tension, alors que le filet se resserre autour des soldats... Une première oeuvre prometteuse, qui j'espère n'est qu'un début pour les Martin!

mardi 28 décembre 2010

KARATE KID


Sorti en DVD le 18 décembre


26 ans séparent ce remake du film original réalisé par John G. Avildsen, dans lequel Ralph Macchio incarnait un jeune garçon initié au karaté par un vieux sage un peu espiègle, Maître Miyagi (Pat Morita). Dans la version actuelle, c'est Jaden Smith, le fils de son papa avec qui il a eu son premier rôle dans A la Recherche du Bonheur, qui va s'initier non pas au karaté, mais au kung-fu, grâce à un maître hors pair puisqu'il s'agit de nul autre que Jackie Chan!


Si le nom d'Harald Zwart n'est pas forcément évocateur (il a réalisé Cody Banks: Agent secret et La Panthère rose 2), le résultat s'avère finalement agréable, même si la mise en scène n'a rien de révolutionnaire. L'intérêt du film est davantage à rechercher au niveau des personnages et des acteurs, qui véhiculent des valeurs positives convaincantes, même si cela reste de la fiction. Voir un gosse combattre à un tournoi de kung-fu avec quelques semaines d'entraînement, seul Hollywood peut nous donner ça! Mais n'empêche, l'histoire de cet Américain expatrié en Chine fonctionne bien, et son apprentissage mêle émotion et humour de manière plutôt agréable.
Jackie Chan a choisi de ne pas singer Noriyuki Pat Morita, et sa vision du personnage est faite de silence et d'émotion, lui conférant un rôle touchant et très réussi. Si Jaden Smith se débrouille bien dans son jeu d'acteur et dans son entraînement physique, c'est bien Jackie Chan qui surprend le plus.
Le récit reste donc linéaire et dans la tradition des films de combats, avec le tryptique chute-apprentissage-dépassement de soi, mais le tout est fait avec une bonne dose de conviction et s'avère réussi.


mardi 21 décembre 2010

TOP 10 CINEMA 2010

L'année touche à sa fin, et il est temps de sortir le classement cinéma 2010! Mais tu es dingue, allez-vous me rétorquez, tu n'as pas encore vu Shark in Venice! Oui, mais malgré mes lacunes (impossible de voir la production complète d'une année, bien évidemment, et les choix sont parfois drastiques), mon classement me semble plutôt cohérent, et je vous le fais partager tout en vous proposant de me faire part de vos coups de coeur pour cette année entoilée! Place aux chiffres et aux explications, avec de la bonne foi, de la mauvaise également, et une foi inébranlable en ces travailleurs acharnés qui nous gratifient d'oeuvres inégales mais ô combien réjouissantes!!!



10. GREEN ZONE

Le film qui m'a réconcilié avec Paul Greengrass, que j'avais laché dans la bouillasse Bourne après un mémorable Vol 93. Ce récit à hauteur d'homme est d'une utilité quasi-documentaire, porté par un Jason Bourne bien plus intéressant pour le coup, et pris dans les ramifications politiques et sociales décadentes du conflit irakien. Un film qui nous plonge dans la réalité terrible de ces événements avec une rigueur d'écriture et une précision exemplaires.




9. IP MAN

Les films en costumes asiatiques, c'est quand même souvent chiant. Sauf que cet Ip Man raconte la vie (trop romancée quand même) de l'un des maîtres de Bruce Lee, interprété par un Donnie Yen qui y trouve l'un des rôles majeurs de sa carrière, et qu'il est mis en scène par un Wilson Yip carrément inspiré, capable de magnifier les mouvements d'arts martiaux pour obtenir un film dense, tragique et traversé par des notes d'humour inattendues. Un must du kung fu pian, raffraîchissant et salvateur.




8. PRINCE OF PERSIA: LES SABLES DU TEMPS

Un film d'aventures à l'ancienne très divertissant, dans lequel on se laisse emporter par le couple Gyllenhall-Arterton sans aucun problème. L'ampleur des décors orientaux, l'humour des situations et la tenue finalement décomplexée peuvent surpendre de la part de Mike Newell, mais dans le bon sens!




7. SPLICE

Gérardmer 2010, avec le nouveau Vincenzo Natali (Cube) qui confronte Adrian Brody et Sarah Polley aux joies de la manipulation génétique. Encore un film sur les dérives scientifiques, me direz-vous; oui, sauf que Splice y plonge avec une acuité rare, et qu'il nous présente une créature exceptionnelle qui devrait durablement marquer le cinéma fantastique des années à venir. L'originalité n'est pas dans le sujet, mais dans le traitement frontal et la beauté carnassière qui s'en dégage. Natali a encore réussi à innover...




6. LE LIVRE D'ELI

Les frères Hugues se faisaient rare (ils n'avaient plus abordé le cinéma depuis le sympathique From Hell), et leur retour est loin d'être anecdotique. Sous couvert de film post-apocalyptique, les frangins créent un univers bien à eux fait de western et de quête mystique, sans pour autant négliger l'aspect graphique et ludique de leur métrage. Denzel Washington est excellent, Gary Oldman est excellent, et Le Livre d'Eli possède cette beauté glacée qui en fait une oeuvre à part, attachante et sincère, agrémentée qui plus est d'une leçon de mise en scène.




5. KABOOM

Le film qui fait boom de Gregg Araki, lequel renoue avec les délires de son parfait Nowhere; sex, drug & electro au pays des étudiants paumés, avec la maîtrise formelle barrée habituelle, et un humour décapant qui ne s'oublie pas (des répliques cultes, il y en a quelques-unes!). James Duval a passé le relais, mais Araki ne s'est pas assagi, et sa pépite pop acidulée fait un bien fou! Une clôture parfaite pour un festival de Strasbourg étonnant!




4. PONTYPOOL

Un film de zombies indescriptible, où les paroles prennent chair et le verbe se fait dangereux. Huis-clos radiophonique, théâtralité propice à développer un imaginaire terrifiant, Pontypool est une expérience résolument hors norme dans lequel le lien entre écriture et mise en scène s'avère radicalement primordial. Porté par des acteurs très talentueux, ce film est un pur OVNI qui ne peut pas laisser indifférent. Enorme!




3. AMER

La sensation de cette année au festival de Gérardmer. Un hommage sensuel au giallo cher à Mario et Dario, mis en forme par une paire de réals franco-belges sacrément couillus pour nous pondre une oeuvre aux antipodes des canons cinématographiques actuels. Une expérience certes exigeante, mais d'une beauté et d'une intelligence rares. Le travail intense sur la lumière, le son, l'atmosphère... Tout est pensé avec grâce, et la magie ténébreuse opère sans problème. Le giallo n'est pas mort, et il a même traversé les Alpes!




2. MACHETE

Quand un fantasme sur pellicule prend forme, que peut-on attendre de Machete? Réalisé par un fan avec une bande de potes, Machete constitue l'hommage ultime à tout un pan de la sous-culture américaine, traversé par une intelligence que l'on peut s'étonner de trouver à l'intérieur. C'est fun, c'est gore, c'est sexy, et c'est Danny Trejo! Une bande on ne peut plus généreuse qui mêle tripaille et armes fatales pour un cocktail carrément jubilatoire!




1. IRON MAN 2

Et oui, on ne se refait pas. Iron Man 1er du nom m'avait scotché, le 2ème volet m'a lui aussi subjugué! Serait-ce la faute d'une Scarlett sensuelle à souhait en Veuve noire? La classe d'un Tony Stark portée par un Downey Jr. carrément à l'aise dans le rôle? La mise en scène stylisée et finalement reconnaissable de Jon Favreau, l'homme qui a définitivement réveillé les super-héros? Un peu de tout ça, saupoudré par la magie geek et les fantasmes d'adaptation qui ne se retrouvent pas bafoués, mais auquels Favreau donne une réelle dimension humain et iconique. Yes, Iron Man 2!!!